À l'heure où la situation humanitaire dans la bande de Gaza est catastrophique et où les dirigeants du G7 appellent à des pauses et couloirs humanitaires, mais non à un cessez-le-feu tandis qu'Israël poursuit ses bombardements et son opération terrestre au cœur de la ville de Gaza en réponse à l'attaque terroriste du Hamas du 7 octobre, le président français, Emmanuel Macron, organise jeudi 9 novembre au Palais de l'Élysée une 'Conférence humanitaire internationale pour la population civile de Gaza', à laquelle participeront le président du Conseil européen, Charles Michel, et la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen (EUROPE 13287/4).
Si les besoins humanitaires sont chiffrés à 1,2 milliard d'euros par l'ONU, cette conférence n'est pas une conférence de promesses financières, mais, avant tout, de mobilisation pour tenter de répondre concrètement à l'urgence humanitaire des Gazaouis et des otages israéliens par des solutions opérationnelles.
« L'important n'est pas seulement de disposer de ressources financières, mais aussi d'avoir la capacité d'entrer dans la bande de Gaza. Et pour cela, la frontière doit offrir une plus grande capacité de transport de l'aide humanitaire », soulignait le même jour, depuis le Japon, le Haut Représentant de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell. Et d'ajouter : « L'Union européenne soutient fermement l'ouverture de corridors humanitaires et les pauses humanitaires afin de permettre l'acheminement de l'aide et la libération des otages ».
Charles Michel, pour sa part, s'exprimant à Strasbourg devant le Parlement européen, a souligné que « chaque civil compte, toujours et partout », qu'« un siège total (de Gaza) n'est pas conforme au droit international » et que « plus la situation se détériore, plus il sera difficile d'œuvrer en faveur d'une paix durable à l'avenir ».
Et de remercier la France, Chypre et la Grèce pour leurs contributions à « l'allégement des souffrances », notamment « leurs actions concrètes telles qu'un hôpital maritime et un corridor maritime ».
Trois objectifs pour des résultats tangibles. Selon Paris, la conférence a vocation à rassembler toutes les bonnes volontés autour de trois objectifs : - partager une évaluation la plus objective possible de la situation sur le terrain ; - travailler ensemble en faveur du respect du droit humanitaire international et du renforcement de l'accès humanitaire à Gaza, notamment l'eau, l'énergie et la nourriture ; - accroître la mobilisation en faveur de la population par le soutien aux agences, organisations internationales et ONG actives sur place.
Israël ne sera pas représenté, mais les contacts avec les autorités israéliennes sont constants. « Tout le monde a intérêt à l'amélioration de la situation humanitaire à Gaza, y compris Israël », soulignait mercredi une source élyséenne.
M. Macron s'est entretenu mardi avec le Premier ministre israélien, le président égyptien et l'Émir du Qatar. Il s'entretiendra de nouveau avec Benyamin Netanyahu après la conférence, indiquait la même source.
Le commissaire général de l'UNRWA (Agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens), Philippe Lazzarini, la présidente du Comité international de la Croix-Rouge, Mirjana Spoljaric, dont un convoi transportant des fournitures médicales à proximité de Gaza a été visé mardi, et des ONG participeront à la conférence.
Le président de Chypre, Níkos Christodoulídis, sera également présent - une occasion de discuter de l'offre chypriote de corridor maritime.
Les Premiers ministres de la Grèce, de l'Autorité palestinienne, de l'Irlande et du Luxembourg, ainsi que des ministres des Affaires étrangères figurent parmi les participants.
Saluant cette conférence, Amnesty International appelait, mercredi, « tous les États à faire pression pour obtenir un cessez-le-feu immédiat pour garantir que la population de Gaza puisse recevoir une aide continue et efficace ». (Aminata Niang, avec Mathieu Bion)