Le ministre israélien des Affaires étrangères, Eli Cohen, a exprimé, mercredi 8 novembre, la position d'Israël face à ce qu'il a qualifié d'une guerre non seulement contre son pays, mais également « contre le monde libre », en attribuant toute la responsabilité de la situation actuelle au Hamas.
Lors d'une conférence organisée par l'ambassade d'Israël auprès de l'Union européenne et de l'OTAN, au sein du Parlement européen, il a déclaré : « Nous devons libérer Gaza du Hamas pour la sécurité d'Israël et des gens qui vivent à Gaza ».
Le ministre est en outre revenu sur le retrait d'Israël de Gaza en 2005, faisant référence au plan de désengagement, soit l'opération initiée par l'ancien Premier ministre israélien Ariel Sharon, une décision qui, selon Eli Cohen, n'a pas conduit à la paix espérée, mais à une escalade de la violence.
Pour le ministre israélien, qui a décrit les événements du 7 octobre comme « le pire jour de l'État d'Israël et du peuple juif depuis l'Holocauste », cette montée des tensions a eu lieu en dépit de l’aide financière internationale fournie à Gaza. M. Cohen a déploré qu'au lieu d'utiliser ces ressources pour améliorer la vie des habitants de Gaza, les fonds aient été détournés pour fabriquer des roquettes. Il a avancé que, depuis 2005, son souhait principal était de coexister pacifiquement avec ses voisins.
Le ministre s’est également exprimé sur le traitement par le Hamas des attaques. Il a souligné que ces atrocités n'ont pas seulement été filmées par les auteurs des crimes, mais qu’elles avaient également été partagées par eux.
Par ailleurs, Eli Cohen a souligné que le Hamas n'est pas la seule menace à laquelle Israël est confronté. Selon le ministre, le pays est également la cible du Hezbollah au Liban, des rebelles Houthis au Yémen et de l'État islamique. Il a indiqué que tous ces groupes partageaient, à son sens, un bienfaiteur commun, l'Iran, qu'il accuse de tenter de déstabiliser la région et d'arrêter le processus de paix.
Eli Cohen a remercié la communauté internationale, en particulier l'Europe, pour son soutien à Israël pendant cette période difficile. Il a souligné l'urgence et la gravité de la situation en attirant l'attention sur les cinq familles présentes à la conférence, dont les proches avaient été enlevés. Selon ses mots : « Ce n'est pas seulement le rôle des fonctionnaires de l'État. Nous devons gagner cela pour garantir que l'Occident ne sera pas le prochain ». Il a conclu son discours en exhortant la communauté internationale à agir, appelant à la libération immédiate des otages.
Lors de l'événement, présidé par l’eurodéputé espagnol Antonio López-Istúriz White (PPE), des témoignages personnels ont été présentés par des familles touchées par les enlèvements. L'un des témoins a décrit l'horreur de découvrir que sa famille avait été kidnappée via une vidéo sur le réseau social TikTok, soulignant l'aspect prémédité et organisé de l'attaque. Le ton de la conférence, résolument pesant, a été amplifié par la diffusion d’images des attaques, en amont de ces témoignages, comme pour rallier la salle, parcourue par l’émotion face à l’insoutenable, à la cause israélienne. Aucun échange n’a suivi. (Nithya Paquiry)