L’association allemande pour la gestion de l’eau, des eaux usées et des déchets (DWA) s’est alarmée, lundi 9 octobre, du vote du Parlement européen sur la révision de la directive 91/271/CEE ‘Traitement des eaux urbaines résiduaires' (EUROPE 13265/22, 13254/10).
En cause : des exigences pour le phosphore jugées inatteignables et qui, combinées aux investissements requis pour l'objectif de neutralité énergétique, seront ruineuses tant pour le secteur des eaux usées que pour les usagers, selon l'association.
Si la DWA se félicite de l'introduction d'un système de responsabilité élargie des producteurs (REP), elle est très critique quant au renforcement des exigences de décomposition du phosphore.
« La valeur de concentration prévue dans l'effluent de 0,2 mg/l de phosphore ne peut être respectée qu'au prix d'investissements considérables dans des installations de filtration - et encore, il n'est pas sûr qu'elle puisse l'être. D'autres investissements considérables suivront en raison de l'objectif de neutralité énergétique de la gestion des eaux usées. Au total, cette directive déclenchera un volume d'investissement d'au moins un milliard d'euros en Allemagne - la hausse des taxes sur les eaux usées en sera automatiquement la conséquence », selon le président de la DWA, le professeur Uli Paetzel.
D'où la demande de la DWA que la valeur limite soit relevée à 0,4 mg/l de phosphore afin de tenir compte également de la part de phosphore techniquement non précipitable. (Aminata Niang)