La commissaire européenne aux Partenariats internationaux, Jutta Urpilainen, souhaite que le réexamen à mi-parcours de la politique de développement de l'UE et du budget 'NDICI - Global Europe' repose sur un marqueur des inégalités.
« Nous avons lancé en juin ce marqueur fondé sur les travaux de chercheurs et universitaires et j'ai demandé à mes services de s'en servir pour la révision de nos programmes (de coopération au développement : NDLR). Nous avons les ressources, l'expertise pour lutter contre les inégalités, mais il faut la volonté politique », a déclaré la commissaire sociale-démocrate, mardi 10 octobre, lors d'un séminaire organisé au Parlement européen par le groupe S&D sur le thème 'Lutter contre les inégalités pour jeter les bases d'un avenir durable', avec en ligne de mire l'objectif onusien de développement durable : l'ODD 10.
Selon Mme Urpilainen, la stratégie de l'UE Global Gateway, avec ses potentiels 300 milliards d'euros d'investissements d'ici 2027 dans la connectivité numérique, les transports et l'énergie propre dans les pays partenaires à faibles et moyens revenus, œuvre à l'équité.
« Les 40% des plus pauvres n'ont même pas 25% des revenus à l'échelle planétaire. C'est indéfendable », a prévenu Udo Bullmann (S&D, allemand), estimant que l'ODD 10 doit « fonder la relation avec le Sud global sur un pied d'égalité ».
Pour Tanya Cox, directrice du réseau d'ONG CONCORD, un tel indicateur était « réclamé depuis 2020 suite à l'impact de la crise de la Covid-19 ». Il est donc bienvenu, mais il faudrait qu'il soit « imposé à tous les acteurs du développement, y compris les États membres », qu'il « s'accompagne de mesures de redistribution des richesses » et que les bénéficiaires soient parmi les 40% au bas de l'échelle des revenus.
Elle a aussi plaidé pour que Global Gateway s'appuie non pas sur les seules grandes entreprises, mais sur les microentreprises aussi. Et d'ajouter : « Un partenariat gagnant-gagnant réduit les bénéfices pour les pays partenaires ». (Aminata Niang)