La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, s'est rendue à Nairobi (Kenya), mardi 5 septembre, afin de participer au Sommet africain pour le climat, qui réunit du 4 au 6 septembre dirigeants, responsables du continent et représentants internationaux, dont le secrétaire général de l'Organisation des Nations unies, António Guterres, et le sultan Al-Jaber, futur président de la 28e Conférence des Parties (COP28), pour constituer, à moins de trois mois de l'évènement, une position africaine unifiée, tant sur les questions climatiques que sur celles liées au développement.
Invitée à délivrer un discours initiant la deuxième journée de discussions, Mme von der Leyen a mis l'accent sur la « nécessité de faire entendre la voix de l'Afrique » et de prendre en compte ses priorités en matière de climat. Elle a exprimé sa volonté d'être aux côtés du continent africain lors des négociations à venir et de travailler ensemble, soulignant que l'Europe et l'Afrique partageaient les « mêmes intérêts » en matière d'action climatique.
Si elle a reconnu que l'Afrique cherchait avant tout à développer son économie et à réduire la pauvreté, la présidente von der Leyen a avancé que l'action climatique pouvait faire partie de la solution et a établi, en ce sens, un ensemble de propositions répondant à la problématique du financement.
La présidente de la Commission européenne, qui a par ailleurs annoncé le plan 'Global Gateway', lequel consacrera 150 milliards d'euros au continent africain pour des investissements dans des projets d'énergie propre et d'adaptation au changement climatique, a ainsi plaidé en faveur de l'adoption de solutions mondiales visant à attirer des investissements privés en Afrique. Cela passerait notamment par le biais des obligations vertes, un « point crucial », sur lequel elle a étayé une proposition et qu'elle souhaite aborder lors de la COP à Dubaï.
« Nous sommes disposés à partager notre expertise avec vos équipes pour vous aider à développer vos propres marchés d'obligations vertes», a-t-elle annoncé. Et, s'engageant à « pousser du côté des investisseurs », Ursula von der Leyen a déclaré : « Avec la Banque européenne d'investissement et nos États membres, nous allouons un milliard d'euros pour réduire le risque sur les investissements privés dans les marchés émergents ».
Dans le même temps, la présidente de la Commission a souligné l'importance de la tarification du carbone et des crédits carbone pour financer l'action climatique et a appelé à établir des objectifs mondiaux pour la transition énergétique.
Concluant son allocution par une citation de Nelson Mandela, rappelant que « cela semble toujours impossible, jusqu'à ce qu'on le fasse », Mme von der Leyen a enfin souligné la responsabilité collective de lutter contre le changement climatique pour les générations futures et a exhorté l'Afrique et l'Europe à « unir (leurs) forces » pour la COP28. (Nithya Paquiry)