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Bulletin Quotidien Europe N° 13243
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ACTION EXTÉRIEURE / DÉveloppement

à Cadix, les ministres de l'UE ont mis l'accent sur la « transition socialement juste » et les objectifs de développement durable

Les ministres des États membres de l'UE chargés du Développement ont fait la part belle à la « transition socialement juste » des pays en développement et à la préparation des prochains rendez-vous onusiens sur le développement durable, lors de leur réunion informelle de Cadix (EUROPE 13242/19), a resumé la secrétaire d'État par intérim espagnole à la Coopération, Pilar Cancela Rodríguez, à l'issue de la rencontre.

Il se sont aussi penchés sur la réforme des banques multilatérales de développement (MDB) et sur la situation au Niger, emblématique d'une instabilité préoccupante en Afrique et d'enjeux géopolitique majeurs dans le monde.

Soutenir l'Agenda onusien sur les ODD. « Nous vivons dans un monde de crises - crise de la dette, crise alimentaire, guerre, instabilité politique et lutte géopolitique pour le pouvoir. Dans ce contexte, beaucoup de pays en développement sont à la traîne et risquent de ne pas remplir les conditions du développement durable. Il faut donc redoubler d'efforts », a déclaré le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, qui a présidé cette réunion. 

Après le Forum politique de haut niveau de l'ONU sur les Objectifs de développement durable (ODD) en juillet (EUROPE 13202/20, 13189/11), c'est désormais le sommet des Nations unies sur le développement durable (18-19 septembre, New-York, pendant l'Assemblée générale des Nations Unies) qui est en ligne de mire pour l'UE afin d'accélérer la cadence pour la réalisation de l'agenda 2030 et ses 17 ODD à tous les niveaux.

« Il est important de renforcer le rôle de l'Union dans le monde », a renchéri Mme Cancela Rodríguez.

Au lendemain d'une visioconférence ministérielle avec la vice-secrétaire générale des Nations unies, Amina Mohammed, elle a indiqué que celle-ci avait « demandé que l'Europe, l'Union européenne, adopte une position très forte et engagée ».

La 'triple transition, verte, numérique et sociale'. C'est l'une des priorités de la Présidence espagnole du Conseil de l'UE en matière de coopération internationale. « Nous nous sommes battus avec acharnement, non seulement pour en faire un objectif fondamental dans le domaine du développement, mais aussi dans d'autres aspects et dans d'autres domaines de notre présidence, nous nous sommes engagés à faire en sorte que l'aspect social soit fondamental », a expliqué la secrétaire d'État. Elle a reçu le soutien des ministres.

« La Présidence espagnole a raison quand elle dit qu'il n'y pas que la transition numérique et verte, il y a trois transitions. La numérique, la transition climatique et la transition sociale », avait estimé Josep Borrell à son arrivée. Il ne s'est pas exprimé à la fin de la réunion.

La Présidence espagnole entend aussi veiller à ce que les politiques de développement progressent vers l'égalité entre les hommes et les femmes

Réforme des banques multilatérales de développement. Les ministres ont dit à quel point il est important que ces banques parviennent à répondre au déficit de financement existant pour couvrir des besoins énormes dans les pays en développement, effort à compléter par la mobilisation du secteur privé.

La secrétaire d'État espagnole a estimé que la réunion avait permis de préparer « une position commune » des États membres, le sujet étant à l'ordre du jour de la réunion informelle des ministres de l'Économie et des Finances des Vingt-sept, avec des représentants de la BEI et de la BERD, qui se tiendra les 15 et 16 septembre à Saint- Jacques de Compostelle.

M. Borrell et la commissaire aux Partenariats internationaux, Jutta Urpilainen, y participeront, a-t-elle précisé. « L'une des grandes batailles menées par la Présidence espagnole de l'Union européenne a été de s'assurer qu'il y aurait également une représentation du secteur du développement, car sinon, les termes auraient été beaucoup plus économiques et nous ne pouvons pas perdre de vue le fait que le développement doit être présent dans cette grande réforme », a souligné Mme Cancela Rodríguez.

« L'offre de l'UE, c'est le 'Global Gateway' », avait déclaré Mme Urpilainen, évoquant ce programme d'investissements de l'UE dans les infrastructures des pays tiers partenaires (transports, numérique, énergies propres et santé), pour lequel l'UE entend mobiliser 300 milliards d'euros d'ici 2027 avec le secteur privé comme levier.

Et de préciser : « Avec la stratégie 'Global Gateway', nous promouvons et augmentons aussi le financement pour les ODD. Nous travaillons avec les États membres, mais aussi leurs institutions financières et le secteur privé » (la fameuse approche 'Team Europe' dans le jargon de l'UE).

Plaidant pour « une extension réaliste des banques multilatérales de développement », le secrétaire d'État hongrois, Tristan Azbej, a estimé que les MBD « peuvent jouer un rôle pour accroître la stabilité de ces pays ainsi que leur capacité de rétention pour prévenir l’immigration, qui, pour le gouvernement hongrois, est la menace sécuritaire majeure et peut conduire à des crises humanitaires et freiner le développement ».

Niger. Les ministres ont également discuté de la situation au Niger après le coup d'État militaire, et, comme M. Borrell au nom de l'UE, ont réitéré l'appel au « retour à l'ordre constitutionnel » dans ce pays avec lequel l'UE a cessé toute coopération au développement et en matière de sécurité, mais pas en matière d'aide humanitaire.

« Nous ne pouvons en aucun cas déconnecter la perspective de l'aide humanitaire. Il faut continuer à être là, il faut continuer à aider la population, qui est dans une situation de vulnérabilité », a commenté Mme Cancela Rodríguez. Selon elle, les ministres en ont débattu « pour que nous agissions tous d'une même voix ».

Les ONG et les agences onusiennes ont toutefois été interdites par le régime militaire dans les zones d'opérations militaires.

Palestine. La situation humanitaire qui s'aggrave en Palestine a également été discutée et devrait constituer une priorité de la future Présidence belge du Conseil (voir autre nouvelle). (Aminata Niang, avec Camille Cerise Gessant)

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