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Bulletin Quotidien Europe N° 13243
POLITIQUES SECTORIELLES / SÛretÉ alimentaire

Glyphosate, une étude de PAN Europe et des Verts au PE alerte sur la contamination massive des cours d'eau dans l'UE

Le glyphosate est source de contamination généralisée des cours d'eau en Europe, ont alerté PAN Europe (Pesticide Action Network Europe) et les Verts/ALE au Parlement européen, en publiant, mardi 5 septembre, les résultats d'une étude sur ce pesticide et son métabolite, l'AMPA. Une occasion pour les Verts/ALE et l'ONG d'appeler à interdire cet herbicide total que la Commission risque d'autoriser cet automne (EUROPE 13231/22, 13226/7).

L'étude, commandée par les Verts/ALE, a été réalisée par PAN Europe en octobre 2022, à la fin de la saison agricole, sur la base d'un échantillonnage des rivières, des fleuves et des lacs dans 12 États membres de l'UE (l'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, la Bulgarie, la Croatie, l'Espagne, la France, la Hongrie, la Pologne, le Portugal, les Pays-Bas et la Slovénie).

Elle révèle que des traces de glyphosate et/ou d'AMPA ont été détectées dans 17 des 23 échantillons (74%) dans 11 des 12 pays, et ce à une concentration quantifiable de 0,2 μg/L (microgrammes par litre), soit le double du seuil de sécurité (0,1 μg/L) en dessous duquel une eau est considérée propre à la consommation humaine.

La Slovénie fait figure d'exception.

« La valeur de 0,1 μg/L ne s'applique pas à tous les pays. Les preuves sont nombreuses des risques du glyphosate et de l'AMPA », a précisé Gergely Simon de PAN Europe en présentant cette étude par visioconférence. Et de plaider de nouveau pour l'interdiction du glyphosate dans l'UE.

« Le glyphosate est partout. La pollution des eaux est massive. Ce n'est pas la rémanence le problème, mais l'utilisation récurrente, renouvelée de ce pesticide qui implique une concentration importante. L'eau est une ressource vitale pour les êtres humains la biodiversité - la pollution est très problématique pour les écosystèmes marins. Toutes les eaux finissent dans la mer », a souligné l'eurodéputé Benoît Biteau.

Pour soutenir la souveraineté alimentaire, le climat et la sécurité des aliments, il existe « une alternative à cette molécule : l'agronomie », a-t-il estimé. Et selon lui, éviter certaines périodes pour l'épandage ne serait d'aucun secours pour les consommateurs, puisqu'« on consomme quelle que soit la date de l'épandage ».

Sa collègue, l'eurodéputée allemande Sarah Wiener, a déploré les lacunes de l'évaluation de l'EFSA, qui fait notamment l'impasse sur « la contamination croisée et les métabolites, pour lesquels aucune valeur limite n'est fixée, ce qui provoque une pollution supérieure à ce qui est acceptable ».

Pour son collègue Martin Haüsling, porte-parole des Verts/ALE pour l'agriculture au Parlement européen et membre de la commission de l'environnement, l'étude montre que « l'utilisation de cet herbicide équivaut à l'empoisonnement d'un puits et est irresponsable ! »

Tous ont de nouveau déploré un avis favorable de l'EFSA, malgré le manque de données dont l'EFSA fait elle-même état dans sa réévaluation du glyphosate, s'agissant notamment des impacts à long terme sur les mammifères et sur la biodiversité (EUROPE 13217/7) et un manque de « débat éclairé » avec la totalité des documents de référence de l'EFSA, « y compris les annexes ».

Pour consulter l'étude (en anglais) : https://aeur.eu/f/8fb (Aminata Niang)

Sommaire

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POLITIQUES SECTORIELLES
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INSTITUTIONNEL
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ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
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