La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le président du Conseil européen, Charles Michel, se sont rendus à Séoul, lundi 22 mai, dans le cadre du Sommet UE-République de Corée, afin d’y rencontrer le président, Yoon Suk-Yeol, et de renforcer leur partenariat stratégique en matière de transition verte et numérique, de santé, de recherche et de sécurité économique ainsi que de réaffirmer leur engagement commun à garantir l'ordre mondial.
La Corée du Sud est le premier pays d'Asie avec lequel l’Union européenne a conclu un accord de libre-échange en 2010, et cette année marque les 60 ans de relations bilatérales entre ces « partenaires de confiance ».
Garantir l'ordre mondial
Dans une déclaration commune, ceux-ci ont réaffirmé leur coopération pour faire face aux « menaces contre la paix et la sécurité mondiale, comme la guerre d'agression de la Russie contre l'Ukraine et les programmes nucléaires et de missiles de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) ».
Ursula von der Leyen a salué la position de la Corée du Sud vis-à-vis de la Russie dans le contexte de la guerre en Ukraine. « Vous avez d'emblée condamné cette guerre d'agression. Vous coordonnez avec nous et d'autres partenaires internationaux des sanctions sévères contre l'économie de guerre russe. Et vous acheminez une aide financière et humanitaire indispensable à l'Ukraine et à son peuple. C'est tout à votre honneur. Et cela montre, une fois de plus, la force de notre lien ».
En ce qui concerne la sécurité de la région Indo-Pacifique, « nous avons également souligné l'importance de préserver la stabilité et le statu quo dans le détroit de Taiwan. Nous travaillons ensemble pour construire une région Indo-Pacifique dynamique et fondée sur des règles », a assuré Charles Michel.
Enfin, les présidents de la Commission et du Conseil européen ont voulu réitérer leur solidarité face à la menace nucléaire constante de la RPDC.
Ils ont également proposé de travailler avec la République de Corée sur « un programme positif » pour la région Indo-Pacifique et de le faire dans le cadre de la stratégie d’investissement Global Gateway, déjà engagée dans la région avec un ensemble d'investissements pour les pays de l'ANASE.
En matière de sécurité et de défense, les partenaires se sont accordés sur le lancement d'un dialogue stratégique s'étendant à la gestion des crises, à la sécurité maritime, à la cybersécurité ou encore à la lutte contre le terrorisme.
Transition verte
Lors de ce Sommet, la présidente de la Commission et le président coréen ont lancé un 'Partenariat vert' (‘Green Partnership’) afin d’échanger sur les bonnes pratiques en matière d’action climatique et de renforcer la coopération bilatérale à ce sujet.
Dans ce cadre, les deux partenaires réaffirment leur engagement à maintenir la hausse de la température mondiale en dessous de 1,5°C et à atteindre la neutralité climatique d'ici 2050 au plus tard.
Les deux partenaires mettent, entre autres, l'accent sur la perte de biodiversité, la déforestation et l'économie circulaire, mais souhaitent également intensifier leur coopération en matière de développement des énergies renouvelables, d'efficacité énergétique ou encore d’hydrogène renouvelable et bas carbone.
Transition numérique et technologique
L’année passée, l’UE et la Corée du Sud ont lancé un 'Partenariat numérique' afin de renforcer la coopération dans le développement des technologies critiques, comme les semi-conducteurs, l'informatique quantique et l'intelligence artificielle. Lors de ce Sommet, les partenaires ont réaffirmé leur coopération dans ce domaine.
Les discussions ont également porté sur les négociations en cours concernant les règles du commerce numérique.
Recherche et innovation
Les partenaires ont également annoncé que des négociations formelles avaient été entamées et devraient se poursuivre dans les mois à venir sur l'association de la Corée du Sud au programme-cadre de l'UE pour la recherche et l’innovation, Horizon Europe.
Cette association permettrait aux acteurs coréens de la recherche et de l'innovation de participer aux appels du pilier 2 du programme, portant sur des défis mondiaux.
Dans l'attente d'une association formelle, les entités de recherche coréennes peuvent continuer à participer à Horizon Europe au titre du principe d'ouverture au monde du programme.
Sécurité sanitaire
Ils ont également réaffirmé les engagements pris dans le cadre du programme mondial de sécurité sanitaire, y compris la nouvelle déclaration de Séoul, afin de travailler ensemble pour « améliorer la coordination mondiale contre les futures crises sanitaires, renforcer la prévention, la préparation et la réponse aux pandémies et réformer la gouvernance liée à la santé, notamment par le biais d'un nouvel accord de l'OMS sur la pandémie et de la révision du Règlement sanitaire international », comme indiqué dans le communiqué commun.
Sécurité économique
Lors la réunion du G7 à Hiroshima des 19, 20 et 21 mai (voir autres nouvelles), Ursula von der Leyen et Charles Michel avaient déjà pu discuter de l'interdépendance des chaînes d'approvisionnement mondiales. « Avec le président Yoon, nous nous sommes également concentrés sur le renforcement de la résilience de nos chaînes d'approvisionnement, en particulier dans les industries stratégiques, ainsi que pour les technologies critiques et les matières premières », a expliqué M. Michel.
Pour voir le communiqué commun : https://aeur.eu/f/70a (Pauline Denys et Émilie Vanderhulst)