La Présidence du Conseil de l’UE demandera, jeudi 20 avril, l’aval des délégations nationales pour faire remonter ses conclusions sur les artistes en exil aux ambassadeurs adjoints des États membres auprès de l'Union européenne (Coreper 1). Selon le projet de conclusions, qu’EUROPE s’est procuré, un seul pays de l’UE devrait s’y opposer.
Comme dans sa version précédente, détaillée dans nos colonnes (EUROPE 13119/14), le texte invite les États membres à développer des « havres de paix » et des « villes refuges » permettant aux artistes en danger dans leur pays d’origine de poursuivre leurs activités pendant un temps limité.
La Présidence suédoise a toutefois ajouté que ces besoins urgents doivent être complétés par des opportunités, pour les artistes réfugiés, de devenir des membres à part entière de la vie culturelle locale. Elle appelle, par exemple, à encourager l’apprentissage de la langue du pays hôte. En effet, selon l’Agence européenne des droits fondamentaux, la barrière de la langue représente un obstacle majeur d’intégration des réfugiés ukrainiens (EUROPE 13133/15).
En effet, si le texte s’adresse à tous les artistes en exil, il continue de s’inscrire largement dans le contexte de la guerre en Ukraine. Il souligne ainsi que « la guerre d'agression de la Russie contre l'Ukraine est aussi une attaque contre l'identité culturelle de l'Ukraine et la dimension culturelle a un rôle important à jouer dans les différentes formes de soutien à l'Ukraine ».
Avec ces conclusions, les États membres demanderont donc à la Commission européenne et au Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères de préparer un rapport sur l’aide bilatérale de l’UE et nationale au secteur culturel ukrainien. Le texte salue en outre les initiatives prises dans le cadre du programme Creative Europe pour soutenir les artistes ukrainiens affectés par le conflit ainsi que celles soutenues par Erasmus+ et à destination des étudiants en art ukrainiens.
Le projet de conclusions : https://aeur.eu/f/6cd (Hélène Seynaeve)