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Bulletin Quotidien Europe N° 13163
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POLITIQUES SECTORIELLES / SantÉ animale

La Cour des comptes de l’UE avance des pistes pour améliorer les conditions de transport des animaux d’élevage

Promouvoir le transport de viande plutôt que d’animaux vivants, ainsi que le recours aux abattoirs mobiles et de proximité, accroître la transparence et l’harmonisation de l’étiquetage des viandes ou encore élaborer une méthode de tarification de la souffrance animale à intégrer dans le coût du transport et le prix de la viande : telles sont les pistes d’amélioration de la législation de l’UE sur le transport des animaux d’élevage suggérées par la Cour des comptes de l’UE dans un document d’analyse publié lundi 17 avril.

L’objectif de ce document est de contribuer au débat sur le transport d’animaux en vue de la révision à venir de la réglementation de l’UE en matière de bien-être animal. Ce document n’est pas un rapport d’audit. Il s’agit d’un document d’analyse, précise la Cour des comptes.

Parmi les autres idées mises en avant par la Cour des comptes, on trouve le fait d’attribuer une valeur monétaire à la souffrance animale pendant le transport et d’intégrer ceci dans le coût du transport et le prix de la viande. Autre recommandation : élaborer une méthode de tarification de la souffrance animale à intégrer dans le coût du transport et le prix de la viande et exploiter le potentiel des technologies de l’information et les améliorations technologiques pour assurer le suivi de tous les trajets des animaux, y compris sur les territoires nationaux.

La Cour des comptes suggère d’utiliser des caméras et des capteurs pour mesurer et surveiller le bien-être animal pendant le transport et de recourir à des outils numériques pour optimiser la planification et la logistique du transport d’animaux.

La Cour des comptes se montre critique sur le respect de la législation actuelle. Elle rappelle que la Commission européenne a détecté des faiblesses dans la mise en œuvre du règlement sur le transport des animaux, en particulier au niveau des contrôles officiels effectués par les États membres concernant les trajets vers des pays tiers et le transport d’animaux inaptes.

Selon les auditeurs, il n’existe pas de données centralisées complètes sur le transport d’animaux au niveau de l’UE. En outre, les différences de coûts entre les États membres et la nécessité d’exploiter les économies d’échelle ont conduit à la spécialisation du secteur de l’élevage et à une concentration dans le secteur de l’abattage, favorisant ainsi le transport d’animaux. Les préférences des consommateurs peuvent également avoir une incidence sur la volonté des opérateurs économiques de déplacer des animaux vivants.

Divergences sur les limites de transport. La Cour des comptes estime, en résumé, que les conséquences négatives du transport sur le bien-être animal pourraient être atténuées en limitant le nombre et la durée des trajets ainsi qu’en améliorant les conditions de transport des animaux vivants.

« Transporter des animaux vivants sur de longues distances peut avoir des effets néfastes sur leur bien-être », a déclaré Eva Lindström, membre de la Cour responsable du document d’analyse, devant la presse.

Elle n’a pas soutenu clairement le projet d’interdire les trajets de plus de 8 heures, comme le souhaitent certains pays du nord de l’Europe et les eurodéputés, mais elle a noté qu’un tiers des trajets de transports (intra-EU) « dépassent 8 heures » (EUROPE 12995/12). Elle a confirmé les divergences des États membres sur ce sujet et a estimé qu’il revenait aux politiques de prendre une décision.

Eva Lindström ne s’est pas prononcée en faveur d’une interdiction des exportations d’animaux vivants vers des pays tiers qui ne respectent pas les règles en matière de bien-être animal. Elle a toutefois admis que les eurodéputés ont beaucoup discuté de ce sujet. « Nous n’avons pas de recommandation ou de proposition en la matière », a-t-elle admis.

Enfin, Mme Lindström a souligné que les abattoirs mobiles ou de petite taille ne devraient pas être l’unique solution, mais une possibilité « complémentaire pour réduire la durée des transports ».

Par ailleurs, la Cour des comptes a présenté un tableau de bord interactif accessible en ligne qui permet aux médias, aux chercheurs et au grand public d’établir différentes comparaisons (pays, espèces animales ou valeur économique des mouvements).

Voir le rapport de la Cour des comptes : https://aeur.eu/f/6cg (Lionel Changeur)

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