Protéger les artistes en exil… En particulier ceux venus d’Ukraine. Comme annoncé dans son programme, la Présidence suédoise du Conseil de l’UE prépare des conclusions du Conseil à destination des artistes déplacés par les guerres (EUROPE 13094/8). Conclusions qui commencent à s’esquisser, selon un document qu’EUROPE a pu se procurer.
« Havres de paix »
Le texte provisoire invite les États membres à articuler des mesures de court terme pour répondre aux situations d’urgence, mais qui s’inscrivent dans une stratégie de long terme.
Les pays sont donc non seulement encouragés à offrir un refuge aux artistes en exil, mais également à s’assurer que ces artistes puissent poursuivre leurs activités. Une approche cristallisée dans l’expression « havres de paix » (« safe haven »), définie comme « une possibilité offerte aux artistes en danger dans leur pays d'origine de trouver une protection et, s'ils le souhaitent, de rester actifs sur le plan artistique pendant une période limitée, dans un autre endroit ».
De la même manière, les États membres sont invités à « promouvoir activement » la création de « villes refuges », soit des régions ou localités qui « offrent un refuge [à long terme, mais temporaire] aux écrivains et aux artistes en danger, font progresser la liberté d'expression, défendent les valeurs démocratiques et promeuvent la solidarité internationale ».
Riposte de l’UE à la guerre
Enfin, s’adressant à la Commission européenne et au Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères, le texte préconise, entre autres, de préparer un rapport actualisé sur l’aide bilatérale européenne et nationale au secteur culturel ukrainien ainsi que de soutenir la coopération transnationale en matière de soutien aux artistes déplacés.
Pour l’heure, le texte reste hybride dans son champ d’application : s’il s’adresse à tous les artistes en exil, il met surtout l’accent sur ceux fuyant l’Ukraine, s’inscrivant ainsi dans la continuité de la riposte de l’UE à la guerre d’agression menée par la Russie.
Le texte provisoire sera discuté en groupe de travail lundi 13 février. La version finale, espère Stockholm, aboutira en mai.
Pour lire le texte : https://aeur.eu/f/5al (Hélène Seynaeve)