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Bulletin Quotidien Europe N° 13106
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SÉCURITÉ - DÉFENSE / Espace

MM. Borrell et Breton dessinent les premiers contours de la stratégie spatiale pour la sécurité et la défense

Le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, et le commissaire européen au Marché intérieur, Thierry Breton, ont dévoilé, mardi 24 janvier, lors de la 15e conférence sur l’Espace, à Bruxelles, les premiers éléments de la stratégie spatiale pour la Sécurité et la Défense, que la Commission devrait présenter en mars.

« L'espace va devenir une sorte de champ de bataille, du moins un lieu où la concurrence et la confrontation auront lieu », a rappelé M. Borrell, expliquant que, l’an dernier, les gouvernements avaient alloué environ 100 milliards de dollars à l'espace, soit une hausse de 9% sur un an.

De plus, selon lui, un peu moins de 10% des 5 500 satellites en orbite sont détenus et/ou exploités par les militaires du monde entier, sans compter les satellites à double usage.

M. Borrell a estimé que la stratégie spatiale devrait répondre à plusieurs questions : comment améliorer la compréhension commune des Européens des menaces spatiales ? Comment mieux protéger l'infrastructure spatiale et la rendre plus résiliente ? Comment répondre aux menaces dans le domaine spatial ? Comment renforcer les capacités spatiales à l'appui de la sécurité et de la défense ? Et enfin, comment mieux coopérer avec les partenaires ? 

Selon M. Breton, cette stratégie portera sur quatre axes. Le premier est un cadre de résilience et de sécurité à l'échelle européenne pour les systèmes spatiaux européens, nationaux et commerciaux. L’UE doit « renforcer (son) infrastructure en réduisant les dépendances stratégiques, en protégeant les chaînes d'approvisionnement et en développant des technologies spatiales critiques », a précisé M. Borrell.

La stratégie portera aussi sur un renforcement de la capacité de l'Union à répondre aux menaces, a ajouté M. Breton. « Nous devons renforcer notre capacité à analyser les risques, les menaces et les vulnérabilités liés à l'espace et avoir une meilleure idée des capacités et des intentions de nos concurrents en matière de contre-espionnage », a expliqué M. Borrell, qui a aussi estimé qu’il fallait effectuer des exercices réguliers et explorer les possibilités de solidarité et d'assistance mutuelle entre Européens.

Le troisième pilier mentionné par M. Breton est « une utilisation accrue de l'espace pour les opérations de sécurité et de défense, par exemple grâce à de nouveaux services d'observation de la Terre et de connaissance de la situation spatiale ». « Nous devons mieux exploiter les avantages des moyens spatiaux pour la sécurité et la défense, renforcer l'innovation à double usage et investir davantage dans le développement des capacités », a complété M. Borrell, citant le Centre satellitaire de l'UE à Torrejón, « qui a fourni, l’an dernier, plus de 4 500 produits de renseignement géospatial, soit 10 fois plus qu'il y a 12 ans ».

Enfin, la stratégie plaidera pour une intensification de la coopération avec les partenaires mondiaux, notamment l'OTAN. « Nous devons continuer à promouvoir un comportement fiable, un comportement responsable dans l'espace, et nous devons rechercher une communauté croissante d'alliés et de partenaires partageant les mêmes idées avec lesquels nous devons travailler plus étroitement », a précisé le Haut Représentant.

2023, année cruciale pour concrétiser les ambitions

Le commissaire Breton a également estimé qu’au-delà de la présentation de la nouvelle stratégie, 2023 serait « une année cruciale pour concrétiser nos ambitions spatiales européennes ».

Le commissaire a notamment annoncé qu’une fois la phase législative achevée pour le programme phare pour la connectivité sécurisée IRIS – le PE doit voter le 14 février sur l’accord interinstitutionnel –, la Commission passerait « immédiatement » à la phase de mise en œuvre en lançant le processus de passation de marchés. L’objectif est une décision fin 2023.

Si la Commission espère qu'IRIS commencera à fournir des services initiaux en 2024 pour atteindre une capacité opérationnelle complète en 2027, des acteurs du secteur estiment 2024 une échéance trop ambitieuse et tablent davantage sur 2026 ou 2027.

M. Breton a également mis en avant la nécessité d’une législation européenne sur l'espace visant à mettre en place des règles communes en matière de sûreté, de sécurité et de durabilité des opérations spatiales.

Rappelant que 10 États membres avaient déjà commencé à réglementer les opérations spatiales, M. Breton a estimé qu’il faudrait des « règles communes sur la prévention des collisions, les mesures de sécurité et d'atténuation, l'évaluation des menaces, les exigences de résilience et l'approche 'zéro débris' ». « Ce serait le 'moment du marché unique' de l'espace. Il s'agira de créer des conditions de concurrence équitables en Europe, sur la base de normes européennes », a-t-il précisé. (Camille-Cerise Gessant)

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