Eurodéputés et membres de la Commission européenne ont salué, mardi 24 janvier, les objectifs de l’initiative citoyenne européenne (ICE) ‘Sauvons les abeilles et les agriculteurs ! Vers une agriculture respectueuse des abeilles pour un environnement sain’.
L’initiative invite la Commission à proposer des mesures juridiques visant à supprimer progressivement les pesticides de synthèse d’ici à 2035, à rétablir la biodiversité et à aider les agriculteurs pendant cette phase de transition. Ces trois thèmes ont été débattus lors d’une réunion conjointe des commissions 'agriculture' et 'environnement' du Parlement européen.
La Commission a jusqu’au 7 avril prochain pour présenter sa réponse officielle, exposant les mesures qu’elle compte prendre.
Pascal Canfin (Renew Europe, français), président de la commission de l’environnement du PE, a expliqué que l’UE agissait sur plusieurs fronts (pesticides, restauration de la nature, règles sur les produits chimiques…)
Pour Benoît Biteau (Verts/ALE, français), « lier le destin des agriculteurs et des abeilles » constitue une excellente idée.
Ana Miranda (Verts/ALE, espagnole), au nom de la commission des pétitions du PE, a dit que cette ICE représentait une opportunité afin de restaurer les écosystèmes et tirer la sonnette d’alarme sur la situation des pollinisateurs. Elle a précisé que la population d’abeilles a diminué de 37% et que 40% des espèces d'abeilles pourraient disparaître.
Věra Jourová, vice-présidente de la Commission européenne, a salué les objectifs de cette ICE, notamment l’atteinte d’une agriculture plus respectueuse de l’environnement.
Les organisateurs de cette ICE ont fustigé le lobbying des industriels et des agriculteurs contre le 'Pacte vert européen' et les tentatives des États membres visant à retarder la législation visant à réduire l’utilité des pesticides.
Herbert Dorfmann (PPE, italien) a souligné le besoin de prévoir de nouveaux produits phytosanitaires et d’incitations en faveur des agriculteurs. Tiemo Wölken (S&D, allemand) a dénoncé le recours accru aux pesticides.
Paolo De Castro (S&D, italien) a regretté les retards de la Commission en matière de nouvelles techniques de sélection des plantes. Martin Hojsík (Renew Europe, slovaque) a salué le nouveau plan d'action visant à inverser le déclin des pollinisateurs d'ici 2030 (voir autre nouvelle).
Le commissaire à l'Environnement, Virginijus Sinkevičius, est revenu sur l'initiative révisée de l'UE sur les pollinisateurs, qui vise notamment à atténuer les effets de l'utilisation des pesticides sur les pollinisateurs (voir autre nouvelle).
Néonicotinoïdes. Michèle Rivasi (Verts/ALE, française) a demandé d'arrêter les dérogations et salué la fin des exceptions pour l'utilisation des néonicotinoïdes tueurs d’abeilles dans les États membres de l'UE.
« Je n'ai aucune intention de balader les agriculteurs, et en particulier ceux qui sont inquiets, car c'est dans 4 à 6 semaines qu'ils vont prendre la décision d'implantation des semences », a déclaré le ministre français de l'Agriculture, Marc Fesneau, lors d'un point presse à Paris.
Le gouvernement français ne proposera donc pas une troisième année de dérogation sur l'enrobage des semences de betteraves, c'est terminé pour cet élément-là, a ajouté le ministre après l'arrêt de la Cour de justice de l'UE. (Lionel Changeur)