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Bulletin Quotidien Europe N° 13101
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Eu2023se

Globalement satisfaits par le programme de la Présidence suédoise du Conseil de l’UE, les eurodéputés l’appellent à aller encore plus loin

Les représentants des groupes politiques au Parlement européen – tout comme le vice-président de la Commission européenne, Maroš Šefčovič - se sont montrés, mardi 17 janvier, lors de la présentation au PE des priorités de la Présidence suédoise du Conseil de l’UE par le Premier ministre, Ulf Kristersson, satisfaits du programme qui porte sur quatre axes : la sécurité, la compétitivité, la transition verte et énergétique et les valeurs fondamentales.

Alors que plusieurs députés ont rappelé que la Suède prenait la présidence du Conseil de l’UE à un moment crucial, Marco Zanni (ID, italien) a estimé que le PE attendait des réponses « concrètes, au-delà de l’urgence, sur les 20/30 prochaines années », sur les priorités dessinées par la Présidence.

Un slogan qui fait écho à la volonté de la Présidence suédoise du Conseil de l'UE de ne pas être uniquement dans la gestion de crise, mais de prendre des décisions pour le long terme (EUROPE 13097/4).

Malik Azmani (néerlandais), au nom de Renew Europe, a appelé la Présidence suédoise à avoir « l’innovation de Spotify et l’efficacité d’Ikea », deux marques suédoises mondialement connues.

Les députés européens ont rappelé qu’il partageait la volonté de la Présidence du Conseil de l'UE de faire de l’Ukraine une priorité – avec la poursuite du soutien militaire, économique, politique humanitaire, mais aussi des sanctions contre la Russie, le Premier ministre espérant que le 10e paquet de sanctions soit rapidement adopté. Plusieurs parlementaires ont également souligné qu’il ne fallait pas oublier la situation en Iran et demander des sanctions supplémentaires.

Les eurodéputés ont en outre salué les ambitions verte et énergétique de la Présidence suédoise, même si le coprésident du groupe Verts/ALE, Philippe Lamberts, a dénoncé le fait que le parti suédois, les Démocrates de Suède, « bloque tout effort pour reconstruire l'écosystème », par exemple, concernant les pesticides. Plusieurs élus ont souligné l’importance de réformer le marché du prix de l’électricité alors que la Commission devrait publier sa proposition d’ici fin mars.

L'accent mis par la Présidence suédoise sur la compétitivité a aussi fait mouche alors que l’Inflation Reduction Act (IRA) américain et la concurrence déloyale chinoise inquiètent aussi bien les États membres que la Commission et les eurodéputés. Pour le président du groupe PPE, Manfred Weber (allemand), « nous devons rattraper notre retard compétitif », tandis que M. Azmani a salué la place de l’innovation dans le programme de la Présidence suédoise. Tous deux ont soutenu la volonté de la Présidence suédoise d’avancer sur les accords de libre-échange en cours de discussion.

Regrets sur la migration et le social

Si la Présidence suédoise ne mentionne que rapidement la poursuite des travaux sur la politique migratoire de l’UE, de nombreux représentants de groupes – avec chacun leur position sur le dossier – ont appelé la Suède à faire avancer le dossier. M. Weber a souhaité que la Présidence, qui « montre son ambition sur le climat », montre la « même ambition sur la création d’emplois et la migration ».

La présidente du groupe S&D, Iratxe García Pérez, et la coprésidente de La Gauche, Manon Aubry, ont dénoncé le manque de social dans le programme de la Présidence. « 2023 doit être l’année de solutions structurelles. Le principal défi est le mécontentement social », a souligné Mme García Pérez, estimant que, si l’inflation continuait, il faudrait un instrument de financement permanent pour aider les entreprises et les familles les plus vulnérables. Elle a regretté que la Présidence suédoise du Conseil de l’UE ne présente aucune mesure sur le socle des droits fondamentaux alors que, selon elle, ce n’est qu’en parachevant les objectifs de Göteborg que l’on pourra avoir une Europe sociale.

Mme Aubry, pour sa part, a critiqué le fait qu'il n'y a « aucun changement de cap », que l'objectif reste les réformes structurelles, l’assainissement des finances publiques et les règles budgétaires « alors que la crise économique plonge des millions de personnes dans la pauvreté ».

Enfin, si la Présidence suédoise du Conseil de l’UE prône les valeurs fondamentales, plusieurs députés se sont inquiétés du soutien du parti d’extrême droite Démocrates de Suède au gouvernement et des conséquences que cela pourrait avoir sur la Présidence. « Vous devez défendre les valeurs démocratiques, mais vous acceptez de collaborer avec des gens qui sont contre ces valeurs », a dénoncé M. Lamberts. En réponse, M. Kristersson a rappelé que les huit partis au Parlement suédois étaient pro-européens. (Camille-Cerise Gessant)

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