Les réponses se font attendre au sein de l'UE à propos de la mise en œuvre de la loi américaine sur la réduction de l'inflation (IRA). La représentante américaine au Commerce, Katherine Tai, était à Bruxelles mardi 17 janvier pour échanger à ce sujet avec le commissaire européen au Commerce, Valdis Dombrovskis, et sur le futur arrangement global sur l'acier et l'aluminium, qu'ils doivent trouver d'ici octobre.
La réunion des deux homologues n'a pas apporté de réponse sur les éléments de clarification que l'UE a dit attendre ces dernières semaines (EUROPE 13091/11).
« L'UE reste engagée pour trouver des solutions, mais nous devons faire des progrès dans les négociations », a-t-il constaté, avant de pointer du doigt les subventions américaines discriminatoires, qui sont « problématiques » à son sens.
Devant une poignée de journalistes, dont EUROPE, Mme Tai a répété que les États-Unis étaient prêts à traiter les inquiétudes de l'UE, sans dévoiler de détails sur les travaux en cours de la 'task force' sur l'IRA entre l'UE et Washington. Les problèmes soulevés par l'UE sont « complexes et importants », a-t-elle souligné. Et d'insister sur la nécessité pour les deux parties « d'agir de manière complémentaire ».
Elle ne s'est pas étendue sur la possibilité pour son pays de traiter l'UE comme un « partenaire commercial » dans le sens de l'IRA afin qu'il puisse bénéficier de crédits d'impôts sur les batteries. À la place, elle a rappelé sa vision selon laquelle les partenaires commerciaux devraient pouvoir « utiliser leur politique commerciale », mais aussi « créer des politiques industrielles complémentaires ».
La Présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a détaillé davantage encore ses idées pour un « plan industriel vert » ('Green Deal Industrial Plan'), notamment un nouvel Acte pour une industrie 'zéro émission' (voir autre nouvelle).
Certains s'inquiètent d'une future course aux subventions, comme la directrice de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), Ngozi Okonjo-Iweala. Interrogée sur le fait de savoir si, à son sens, cette course était enclenchée, elle a indiqué être encore en observation pour le moment. « Nous observons en espérant que ce ne soit pas le cas. Il est important de donner des incitants, mais si c'est une course, à la fin, les marchés émergents et les pays en développement ne pourront pas faire partie de la compétition. J'espère que ce que nous voyons est une approche équilibrée et nuancée pour décarboner », a-t-elle affirmé.
Pas question cependant de parler de course aux subventions et encore moins de guerre commerciale pour Katherine Tai. « Vous ne m'entendrez certainement pas utiliser ces termes et je n'ai pas l'impression que ce soit le cas de la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, ni du commissaire Valdis Dombrovskis », a-t-elle indiqué peu avant sa réunion à la Commission. (Léa Marchal)