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Bulletin Quotidien Europe N° 13078
ACTION EXTÉRIEURE / Balkans occidentaux

L’UE et les pays des Balkans soulignent leur volonté de se rapprocher

Les dirigeants des pays de l’UE et des Balkans occidentaux ont souligné, mardi 6 décembre à Tirana, leur volonté de se rapprocher, sur fond de guerre en Ukraine.

L’hôte du jour, le Premier ministre albanais, Edi Rama, a estimé que l’organisation d’un sommet dans un des pays des Balkans était un « signe incroyable de reconnaissance que de nos jours, l’UE a besoin des Balkans autant que les Balkans ont besoin de l’UE ».

Dans la déclaration de Tirana, les dirigeants soulignent l’importance du partenariat entre l’UE et la région et réaffirment l’engagement « total et sans équivoque » de l’UE en faveur de la perspective d'adhésion des Balkans occidentaux à l'Union, appelant à l'accélération du processus d'adhésion sur la base de réformes crédibles des partenaires, notamment en termes d’État de droit. Devant la presse, le président du Conseil européen, Charles Michel, a reconnu que la guerre menée par la Russie en Ukraine avait renforcé le sentiment de la nécessité d’accélérer ce processus.

M. Rama a insisté sur l’intégration progressive des pays des Balkans à l’UE tout au long de leur processus d’adhésion. « Il y a maintenant cette compréhension mutuelle que, pendant que nous faisons nos devoirs, nous devons être soutenus et nous rapprocher de l’UE pour rassembler l’Europe », a-t-il souligné.

S'il est souvent critiqué pour le non-alignement de son pays sur la politique étrangère de l'UE et qu'il a un temps voulu boycotter le sommet, le président serbe, Aleksandar Vučić, a rappelé, à son arrivée au sommet, l’engagement de son pays envers l’UE. « Nous restons engagés dans le processus de négociations avec l'UE et restons très fermes sur la voie de l'UE, mais, en même temps, nous devons protéger notre État et nos intérêts nationaux conformément à la Constitution », a-t-il expliqué.

Coopération sur la migration

Alors que les arrivées de migrants de l’UE via la route des Balkans ont explosé depuis le début de l’année, les présidents du Conseil européen et de la Commission ont souligné l’importance de coopérer dans ce domaine. « La migration est toujours un sujet sensible », a expliqué M. Michel, rappelant qu’une coopération concrète était « fondamentale ». Tout en saluant les progrès sur l’alignement des politiques des visas des pays des Balkans sur celle de l’UE, le président du Conseil européen a précisé que des mesures additionnelles seraient nécessaires dans les prochaines semaines.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a été plus ferme, rappelant que l’alignement des politiques des visas était crucial pour pouvoir maintenir le régime sans visa dont bénéficient cinq des six pays des Balkans occidentaux. 

Sur Twitter, le Premier ministre belge, Alexander de Croo, a expliqué que son message lors du sommet et de sa rencontre avec le président serbe avait été de « renforcer les frontières extérieures de l'UE et d’empêcher l’immigration clandestine vers l'Europe avec l'aide des Balkans ». « Le mieux est d'intervenir tôt dans la chaîne migratoire », a-t-il expliqué.

Des paroles et des actes

Au-delà des bonnes paroles, les présidents du Conseil européen et de la Commission ont rappelé les efforts de l’UE pour aider la région, notamment face aux conséquences de la guerre en Ukraine. En plus du plan économique et d’investissement de l’UE pour la région, Mme von der Leyen a rappelé le paquet d’un milliard d’euros pour aider les pays concernant l’énergie. « Il est important de travailler ensemble afin de faire en sorte que ce qui est fait dans l’UE l’est aussi dans les Balkans occidentaux », a-t-elle justifié. Les pays de la région ont notamment été invités à participer aux achats communs de gaz, de GNL et d’hydrogène.

Edi Rama, quant à lui, a insisté sur la jeunesse, se félicitant de la future intégration des universités des Balkans occidentaux au réseau des universités européennes. Il a aussi plaidé pour l’installation, à Tirana, d’un campus du Collège de Bruges, à l'image de celui de Natolin, établi en 1992, pour s’ouvrir sur les pays d’Europe de l’Est et centrale, avant leur adhésion à l’UE. Supportrice de l'idée, Mme von der Leyen a espéré qu’elle fera l’objet d’un accord lors d’un prochain sommet UE/Balkans occidentaux.

Les dirigeants ont en outre salué la signature d’un accord, en marge du sommet, pour réduire les frais d’itinérance entre l’UE et les pays des Balkans. « C’est bon pour le commerce et le tourisme. C’est aussi un bon moyen de rapprocher les gens », selon Mme von der Leyen. Cela se fera sur base volontaire. Seuls trois opérateurs européens vont pour l’instant participer : les groupes Orange, Deutsche Telekom et Telekom Austria. Du côté des Balkans, il s’agit de Makedonija Dooel, BH Telecom, Kosovo Telecom, Telekom Srbija et de Yetel d.o.o, A1 Srbija et 4iG.

L'objectif est une annonce chiffrée sur le plafonnement des prix pour le data roaming au plus tard en mai et une mise en œuvre au 1er octobre 2023. Si un haut fonctionnaire européen avait tablé sur 2027 pour la fin des frais d’itinérance, une source d’un des opérateurs s’est montrée plus prudente, ne souhaitant pas annoncer de date.

Les pays des Balkans bénéficient déjà de la fin des frais d’itinérance entre eux depuis juillet 2021.

Voir la déclaration du sommet de Tirana : https://aeur.eu/f/4if

Et celle sur le roaminghttps://aeur.eu/f/4ie

Déminage(s)

Par ailleurs, à son arrivée au sommet, le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a annoncé que l’UE allait fournir 10 millions d’euros pour une « campagne de déminage spécifique en Bosnie-Herzégovine ».

Il a également expliqué qu’une nouvelle version du texte de négociation avait été envoyée ces dernières heures à la Serbie et au Kosovo. « Maintenant, ils doivent entamer des discussions - des discussions sérieuses - parce que c'est un moment où il y a une grande opportunité », a-t-il prévenu. (Camille-Cerise Gessant)

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