Le Parlement européen a adopté, mardi 22 novembre, de nouvelles règles pour mieux protéger les infrastructures critiques essentielles de l’UE en adoptant, par 595 voix pour, 17 contre et 24 abstentions, le rapport du Slovaque Michal Šimečka (Renew Europe).
Avec ce vote, les députés ont confirmé un accord trouvé avec le Conseil de l’UE en juin sur cette nouvelle directive révisant un précédent texte de 2008 (EUROPE 12981/11). La directive entend préparer les infrastructures essentielles de l’UE (dans le transport, l’énergie ou la santé) à des attaques non seulement liées au terrorisme, mais aux catastrophes naturelles ou aux actions de sabotage, comme l’actualité l’a montré récemment avec les gazoducs Nord Stream.
La directive oblige les États membres à introduire des plans d’évaluation des risques et des stratégies nationales de résilience, cela dans 11 secteurs essentiels, à savoir ceux de l’énergie, des transports, des banques, des infrastructures de marché financier, des infrastructures numériques, de l’eau potable et des eaux usées, de l’alimentation (notamment la production, le traitement et la livraison), de la santé, de l’administration publique et de l’espace.
Selon les nouvelles règles, les États membres devront mettre en place des points de contact dédiés pour la communication transfrontière. Les acteurs de ces infrastructures devront avertir les autorités nationales de tout incident ou problème.
Lors d’un débat sur le sujet, mardi matin, le rapporteur a jugé ces nouvelles règles plus urgentes que jamais, compte tenu de la guerre en Ukraine. Cette nouvelle directive permettra aussi à l’UE d’être en « mesure de tenir sa promesse » de protéger les citoyens européens, le rapporteur énumérant le nombre de crises successives ayant mis à l’épreuve les infrastructures essentielles de l’UE entre la crise sanitaire, la guerre en Ukraine, mais aussi la crise climatique. Autant de crises qui ont servi « de boussole » aux législateurs, a-t-il ajouté.
De son côté, la commissaire aux Affaires intérieures, Ylva Johansson, a appelé les États membres à « être prêts dès maintenant » et pas seulement dans deux ans, à l’issue du délai de transposition de la nouvelle directive. « On va se défendre et ne pas se laisser intimider par les actes de sabotage et on va le faire grâce à cet accord », a ajouté la commissaire.
Lien vers le texte : https://aeur.eu/f/46f (Solenn Paulic)