Le chancelier allemand, Olaf Scholz, s'est rendu à Pékin, jeudi 3 et vendredi 4 novembre, où il a rencontré le président chinois, Xi Jinping, et le Premier ministre, Li Keqiang. Il s'agit de la première visite d'un chef d'État étranger après le Congrès du parti communiste en octobre (EUROPE 13044/14). M. Scholz a plaidé la coopération entre son pays et la Chine, tout en mettant sur la table les sujets qui fâchent.
Le chancelier a dit vouloir « développer davantage » la coopération économique avec Pékin. Pour son voyage, il a emmené avec lui une délégation composée d'une soixantaine de personnes, dont plusieurs représentants industriels allemands, tels que le fabricant automobile Volkswagen ou le géant de la chimie, BASF.
Dans sa tribune publiée quelques jours plus tôt, Olaf Scholz disait vouloir réduire les dépendances, surtout stratégiques, envers la Chine. Essayant de trouver le bon équilibre, il avait affirmé ne pas vouloir non plus un « découplage » avec Pékin, ce qu'il a répété à son homologue, Li Keqiang. Et d'ajouter que cela allait de pair avec « des relations économiques équitables et de la réciprocité ».
Le président Xi Jinping, quant à lui, a espéré « que l'Allemagne poursuivra une politique positive à l'égard de la Chine ».
Pour Matej Šimalčík, directeur du centre de réflexion ('think tank') Central European Institute of Asian Studies, « la décision d'autoriser l'achat partiel d'un terminal du port d'Hambourg par l'entreprise chinoise Cosco est une opportunité manquée de traduire réellement ses mots en actions ». Le chancelier a, en effet, autorisé cet achat partiel sur fond de désaccords au sein de la coalition gouvernementale allemande (EUROPE 13048/3).
Préoccupation pour la stabilité et la paix dans la région
Olaf Scholz a indiqué à la presse avoir abordé avec Xi Jinping les sujets de tension entre son pays et les Occidentaux, notamment la situation de Taïwan et le respect des droits de l'Homme en Chine. « J'ai évoqué aujourd'hui notre préoccupation croissante pour la stabilité et la paix dans la région. La Chine a une responsabilité particulière à cet égard », a-t-il indiqué.
Juste avant son voyage à Pékin, le chancelier s'était entretenu avec des dissidents chinois militants des droits de l'Homme.
Le manque de protection de la propriété intellectuelle en Chine, mais aussi les sanctions chinoises visant des députés européens, ont également été critiqués par M. Scholz à Pékin.
Au même moment, à Münster, en Allemagne, les ministres des Affaires étrangères du G7 ont également abordé les relations avec la Chine, parallèlement à d'autres sujets (voir autres nouvelles). Ils ont prôné la coopération là où cela est possible et opportun, et rappelé leur inquiétude quant à la situation des droits de l'Homme dans le pays et au comportement intimidant de la Chine face à Taïwan ou encore Hong-Kong.
« Nous rappelons à la Chine le besoin de respecter les principes de la Charte des Nations unies sur la résolution pacifique des différends et de restreindre les menaces, la coercition, l'intimidation et l'usage de la force », ont indiqué les ministres dans leur déclaration commune.
Olaf Scholz a également affirmé avoir demandé à Xi Jinping d'utiliser l'influence chinoise sur Moscou pour mettre fin à la guerre en Ukraine.
Voir la déclaration du G7 : https://aeur.eu/f/3wx (Léa Marchal)