Les ministres des Affaires étrangères des pays du G7 ont annoncé, vendredi 4 novembre, la mise en place par cette instance d’un mécanisme de coordination pour aider l'Ukraine à réparer, restaurer et défendre ses infrastructures critiques d'énergie et d'eau.
« Nous sommes déterminés à aider l'Ukraine à répondre à ses besoins en matière de préparation à l'hiver », ont aussi souligné les ministres dans leur déclaration. Ils ont réaffirmé leur engagement « indéfectible » à continuer de fournir à l'Ukraine le soutien financier, humanitaire, de défense, politique, technique et juridique dont elle a besoin. « Nous resterons fermement aux côtés de l'Ukraine aussi longtemps qu'il le faudra », ont prévenu les ministres.
Les chefs de la diplomatie ont précisé attendre avec intérêt la conférence internationale du 13 décembre à Paris, organisée par la France et l'Ukraine, visant à soutenir la résilience civile de l'Ukraine et se sont dits déterminés à contribuer au redressement, à la reconstruction et à la modernisation de l'Ukraine.
Condamnation des actions russes
Les ministres ont condamné la récente escalade de la Russie, y compris ses attaques contre les civils et les infrastructures civiles, en particulier les installations d'énergie et d'eau, à travers l'Ukraine, « en utilisant des missiles et des drones et des entraîneurs iraniens ». « Par ces attaques, la Russie tente de terroriser la population civile », a dénoncé le G7.
Les membres du G7 ont rappelé que les attaques aveugles contre la population et les infrastructures civiles constituaient des crimes de guerre et se sont dits déterminés à faire en sorte que les responsables de ces crimes et des crimes contre l'humanité répondent pleinement de leurs actes.
Le G7 a aussi jugé « inacceptable » la « rhétorique nucléaire irresponsable », prévenant que « toute utilisation d'armes chimiques, biologiques ou nucléaires par la Russie aurait de graves conséquences ».
Il a annoncé qu’il continuerait à contrer la désinformation de la Russie et renforcerait la capacité du mécanisme de réaction rapide du G7 pour une réponse coordonnée. Pour les ministres, « les appels à la négociation lancés par la Russie ne sont pas crédibles alors qu'elle continue d'intensifier la guerre et d'émettre de nouvelles menaces et de la désinformation ».
Menace de sanctions supplémentaires
Les chefs de la diplomatie ont prévenu qu’ils continueraient à imposer des coûts économiques à la Russie et aux autres pays, individus ou entités qui apportent un soutien militaire à la guerre d'agression de Moscou.
Plus tôt dans la journée, lors d’une rencontre à Bruxelles avec des journalistes, dont EUROPE, l’ambassadeur James O’Brien, coordinateur des sanctions au Département d’État américain, avait estimé que des mesures supplémentaires étaient examinées, notamment dans le domaine des technologies. Il a expliqué que les sanctions déjà adoptées dégradaient « l’efficacité de la Russie, y compris sur le champ de bataille ». « Nous constatons qu'elle est capable d'utiliser moins d'armes sophistiquées, moins de campagnes d'armement intégrées, et cela se voit dans les tactiques qu'elle adopte », a analysé l’ambassadeur. Selon lui, cela vient clairement de l’incapacité des Russes à produire et remplacer les composants clés des armes sophistiquées et cela vient des sanctions et des contrôles à l'exportation. De plus, M. O’Brien a estimé qu’il était difficile pour la Russie de remplacer les ressources perdues.
L’ambassadeur a expliqué que l'économie russe se contractait rapidement et que la Russie allait être cette année l’économie la moins performante du G20, avec un PIB qui va se contracter : « entre 5,5 et 7% de moins que ce qui était prévu au début de l'année ».
Il a ajouté que les Occidentaux continuaient à travailler sur les contournements de sanctions. « Nous continuerons à désigner des entités en Russie, tant pour les violations des normes internationales que pour les contournements de sanctions, car nous voyons la Russie tenter de nouvelles techniques pour échapper aux sanctions », a-t-il prévenu, ajoutant qu’il continuerait à travailler en étroite collaboration avec les pays que la Russie cible pour contourner les sanctions.
Le G7 a également réitéré son appel aux autorités biélorusses pour qu'elles cessent de permettre la guerre d'agression de la Russie. Si les autorités biélorusses impliquent plus directement la Biélorussie dans la guerre de la Russie, le G7 imposera des coûts supplémentaires écrasants à ce régime, ont mis en garde les chefs de la diplomatie.
Par ailleurs, les ministres ont prévenu qu’ils finaliseraient la mise en œuvre du plafonnement du prix du pétrole russe transporté par voie maritime dans les « semaines à venir ». L’objectif est un accord avant le 5 décembre et l’entrée en vigueur de l’embargo européen sur le pétrole russe. Selon M. O’Brien, « le plafonnement des prix a été discuté depuis suffisamment longtemps pour que les acteurs du marché comprennent qu'il va arriver et qu'ils donnent leur avis sur la meilleure façon de le mettre en œuvre ». Il a ajouté que les discussions techniques en cours portaient sur les questions de tarification et de gouvernance.
Le G7 a également exhorté la Russie à tenir compte de l'appel du Secrétaire général des Nations Unies en faveur de l'extension de l'Initiative pour les céréales de la mer Noire. L’initiative, qui permet d’exporter des produits agricoles via la mer Noire, était d’une durée initiale de 120 jours et doit expirer le 19 novembre.
Voir la déclaration du G7 : https://aeur.eu/f/3wx (Camille-Cerise Gessant)