Malgré des progrès, les efforts mondiaux en matière d’adaptation climatique restent insuffisants au vu du rythme de l’augmentation des impacts et des risques dus au changement climatique (inondations, sécheresses, feux de forêts…), alerte le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) dans un nouveau rapport publié jeudi 3 novembre, trois jours avant l’ouverture de la 27e édition de la conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP27).
Intitulé « Des progrès insuffisants et trop lents – L’incapacité à s’adapter aux changements climatiques met le monde en danger », le rapport évalue l’écart entre les besoins et les perspectives en matière d’adaptation aux changements climatiques.
S’il montre une hausse (+5% comparé à l’année précédente) du nombre de parties à la COP disposant de plans, de stratégies, de lois et de politiques d’adaptation climatiques (portant cette proportion à au moins 84%), il épingle également un manque cruel de financements permettant de traduire ces plans et stratégies en actions.
Selon l’UNEP, les flux financiers internationaux destinés à l’adaptation des pays en développement sont ainsi 5 à 10 fois inférieurs aux besoins estimés. L’organisation estime ces besoins entre 160 et 340 milliards de dollars par an d’ici à 2030 et entre 315 et 565 milliards de dollars par an d’ici à 2050.
« Le monde ne parvient pas à protéger les populations contre les effets immédiats de la crise climatique », a regretté à cette occasion le secrétaire général des Nations Unies, António Guterres.
L’écart se creuse, souligne en outre l’UNEP, déplorant la lenteur de la hausse des flux financiers internationaux par rapport au rythme de l’augmentation des impacts climatiques. D’après les déclarations des pays donateurs, les financements destinés à l’adaptation des pays en développement ont atteint 29 milliards de dollars en 2020, soit une augmentation de seulement 4% par rapport à 2019.
Combinés, les flux financiers d’adaptation et d’atténuation en 2020 étaient inférieurs d’au moins 17 milliards de dollars aux 100 milliards par an promis aux pays en développement.
Par conséquent, António Guterres a appelé les pays développés à augmenter considérablement la quantité et la qualité du financement des besoins d’adaptation, en commençant par tenir leur engagement de doubler le soutien à l’adaptation pour atteindre 40 milliards de dollars par an d’ici 2025.
À ses yeux, la COP27 – qui se tiendra du 6 au 18 novembre à Charm el-Cheikh (Égypte) – doit être l’occasion pour les pays de présenter « une feuille de route crédible, avec des étapes claires, sur la manière dont cette aide sera fournie, de préférence sous forme de subventions et non de prêts ».
Le rapport recommande par ailleurs de privilégier les liens entre les mesures d’adaptation et d’atténuation dès le début de la planification, du financement et de la mise en œuvre, grâce en particulier à des solutions fondées sur la nature, comme la plantation et la conservation des mangroves, la restauration des marais salants ou la protection des tourbières.
Voir le rapport : https://aeur.eu/f/3x1 (Damien Genicot)