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Bulletin Quotidien Europe N° 13034
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DROITS FONDAMENTAUX - SOCIÉTÉ / ÉgalitÉ de genre

Les inégalités de genre ont un côut, rappelle Věra Jourová

La vice-présidente de la Commission européenne, Věra Jourová, a prononcé, lundi 3 octobre, un discours sur le coût économique de l’inaction en matière d’inégalités de genre. Elle s’est exprimée dans le cadre de la conférence « The Europe of Tomorrow : Gender Equality and the Economy » organisée à Prague du 3 au 4 octobre par la Présidence tchèque du Conseil de l’UE.

Mme Jourová est intervenue sur ces questions alors que le Parlement européen et le Conseil de l’UE poursuivent, jeudi 6 octobre, les négociations interinstitutionnelles sur la directive concernant l’égalité de salaire entre hommes et femmes pour un travail identique, amorcées en juin (EUROPE 12927/10). « Ne rien faire contre l’écart de rémunération et de taux d’emploi est économiquement peu judicieux », a-t-elle tranché. Elle estime ainsi que chaque année, l’écart de taux d’emploi entre hommes et femmes génère une perte de 320 milliards d’euros au sein de l’Union.

Trop peu de services de garde d'enfants

Pour la vice-présidente de la Commission, le manque de crèches et de garderies représente un frein à l’emploi pesant particulièrement sur les femmes. Face à cet « incroyable échec de marché », elle encourage les pays de l'UE à investir dans ces services, y compris par le biais de fonds européens, tels que FEDER, le Fonds Social européen ou les fonds de relance. « Nous avons envoyé un message clair aux États membres : il ne s'agit pas de dépenses [publiques], mais d'un investissement qui rapporte très rapidement ».

Par ailleurs, la 'Stratégie européenne pour les soins' porte les objectifs de Barcelone de 33 à 50% d’enfants de moins de trois ans qui doivent pouvoir accéder à des services de garde d’enfants abordables et de qualité (EUROPE 13016/7). « La triste vérité, c’est que de nombreux États membres n'atteignent toujours pas l'objectif de 33%. Je ne vais pas les dénoncer, mais plus vous allez dans l'est de l'Europe, plus ce chiffre est faible », a-t-elle déploré.

Le risque de pauvreté exacerbe les violences

Enfin, Věra Jourová a souligné que la pandémie et la guerre en Ukraine ont accentué les tendances négatives en matière d’égalité de genre. Les crises ont notamment favorisé une montée des violences à l’égard des femmes, y compris sur Internet. « Après avoir attendu la ratification de la Convention d'Istanbul pendant des années, nous avons proposé une directive pour lutter contre la violence à l'égard des femmes et la violence domestique qui inclut des aspects relatifs aux violences dans l'environnement numérique », a-t-elle rappelé (EUROPE 12906/14). La pauvreté et les inégalités salariales, a-t-elle également précisé, renforcent le risque pour des femmes de s'enfermer dans des cycles de violences domestiques. 

Alors que la proposition de directive jouit d’un soutien « relativement fort au Parlement européen », la vice-présidente craint qu’elle ne se heurte à des réticences au Conseil, « car, dans beaucoup d'États membres, agir pour l'égalité de genre n'apporte pas de popularité auprès des électeurs. » (Hélène Seynaeve)

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