Des experts ont pointé la trop grande fragmentation des marchés de capitaux, lors d’une conférence intitulée ‘L'UE a-t-elle manqué l'opportunité du Brexit dans les services financiers ?’, à l’occasion de la réunion annuelle du centre de réflexion européen spécialisé Bruegel, mardi 6 septembre.
Andrea Sironi, président du conseil d'administration de Generali, pense que les efforts ne sont pas à faire du côté de la Commission européenne, mais des États membres.
« Je pense que la Commission européenne s'est beaucoup investie pour mettre en place l'Union des marchés de capitaux, notamment via le plan d'action 2020-2021. Entre la communication et le paquet, toutes les mesures pertinentes sont clairement définies. Il y a probablement besoin de plus de dynamisme et d'élan de la part des États membres à cet égard », a-t-il suggéré.
Pour Margarita Delgado, gouverneur adjoint de la Banque d’Espagne, le fait qu’il existe diverses structures ayant chacune une chaîne de régulation, un cadre juridique et des pratiques différentes fragmente le marché.
« À mon avis, le grand sujet est de savoir s'il y a un dossier commercial et s'il y a une sorte de bon plan commercial rentable. C'est cela le vrai problème », a-t-elle expliqué.
« Si nous regardons vers l'avenir alors que les taux d'intérêt seront négatifs pendant cinq ou six ans, les seules options pour croître et rester rentables sont bien sûr de réduire les coûts, et les coûts sont plus importants que les fusions », a-t-elle ajouté.
Les experts ont également constaté une forte concurrence entre les marchés européens, mais aussi avec les marchés britanniques, bien que le Royaume-Uni applique encore les règles européennes. Cependant, la régulation britannique sera amenée à changer bientôt (EUROPE 12997/22).
La question de la supervision des marchés a également été abordée. Pour M. Sironi, la convergence en matière de surveillance signifie qu'il y a beaucoup de besoins de comparaison, de prise de notes et de coordination.
« Pour le moment, pour être très franc avec vous, je ne vois pas vraiment beaucoup d'appétence dans nos négociations pour faire de l'Autorité européenne des marchés financiers (ESMA) le superviseur de l'UE », a-t-il admis.
Il préconise d'adopter la même démarche que pour l’union bancaire, en impliquant les autorités nationales à la réflexion. (Anne Damiani)