Les efforts de réduction de la demande de gaz entrepris par l’Union européenne afin d’éviter des pénuries cet hiver à la suite des coupures dans les livraisons russes n’ont pas été coordonnés et demeurent insuffisants, estime le centre de réflexion Bruegel, dans un rapport publié mardi 6 septembre.
L’organisation déplore notamment les « multiples concessions » accordées dans le nouveau règlement européen préconisant une réduction de la demande de gaz de 15% entre le 1er août 2022 et le 31 mars 2023 (EUROPE 13000/1), « ce qui signifie que de nombreux États membres n’auront en réalité pas à s’y conformer ».
Selon Bruegel, la réduction de la demande « devrait être coordonnée et répartie largement entre les différents groupes de consommateurs des pays de l’UE ».
Le rapport recommande en particulier aux gouvernements : - de sensibiliser aux comportements d’économie d’énergie et aux investissements rapides que les ménages peuvent faire ; - de compenser financièrement les réductions d’énergie au niveau des ménages et de l’industrie ; - d’instaurer des règles pour limiter la consommation inefficace.
La nécessité d’une meilleure coordination entre les États membres concerne également le stockage de gaz et l’augmentation de l’offre, indique le document.
Au volet stockage, Bruegel craint que le gaz emmagasiné ne soit pas transporté à temps là où il est le plus nécessaire pendant l’hiver en cas de perturbations supplémentaires graves de l’approvisionnement gazier.
S’agissant de l’augmentation de l’offre d’énergie ou du passage du gaz à d’autres combustibles à court terme, l’organisation souligne que les États membres refusent de mettre certaines de leurs options sur le marché européen, « car une grande partie des bénéfices serait partagée avec d’autres pays, alors que les coûts, parfois importants, ne le seraient pas ».
Le rapport appelle par conséquent l’UE à suivre quatre grands principes : (1) tous les pays avancent toutes les flexibilités disponibles du côté de l’offre ; (2) tous les pays font des efforts globaux pour réduire la demande ; (3) un engagement politique pour maintenir les marchés de l’énergie et les flux transfrontaliers ; (4) une compensation pour les consommateurs les plus vulnérables.
Voir le rapport : https://aeur.eu/f/2y9 (Damien Genicot)