Alors que l’invasion russe de l’Ukraine aurait déjà coûté à la Russie environ 100 milliards d'euros, cette dernière a exporté pour 158 milliards d’euros d’énergies fossiles depuis le déclenchement de l’invasion il y a six mois, a estimé le Center for Research on Energy and Clean Air (CREA), mardi 6 septembre, dans la troisième édition de son rapport dédié à ce sujet.
Selon cet organisme de recherche, l’Union européenne compte pour 54% de ce total, soit 85 milliards d'euros. Elle est suivie par la Chine (35 milliards), la Turquie (11 milliards), l'Inde (7 milliards) et la Corée du Sud (2 milliards).
Au sein de l'UE, les plus gros importateurs d'énergies fossiles russes depuis le début de l'invasion étaient l'Allemagne (19 milliards), les Pays-Bas (11,1 milliards), l'Italie (8,6 milliards), la Pologne (7,4 milliards), la France (5,5 milliards), la Bulgarie (5,2 milliards), la Belgique (4,5 milliards) et l’Espagne (3,3 milliards).
Sur les 158 milliards, le CREA estime que 43 milliards ont contribué au budget fédéral de la Russie, participant ainsi à financer les crimes de guerre en Ukraine.
« La flambée des prix mondiaux des combustibles fossiles signifie que la Russie continue de tirer des revenus records des combustibles fossiles, malgré les réductions des volumes d'exportation », a souligné Lauri Myllyvirta, l’une des auteurs du rapport.
À ses yeux, les gouvernements doivent donc établir des droits de douane ou des plafonds de prix sur les importations en provenance de Russie et accélérer les mesures d'économie d'énergie.
Voir le rapport : https://aeur.eu/f/2ym (Damien Genicot)