Les membres de la commission de l’environnement du Parlement européen ont demandé à la Commission européenne, jeudi 30 juin, de fournir des garanties en matière de sécurité alimentaire ou de prévoir des mécanismes pour vérifier le respect de l’objectif de réduire de 50% l’utilisation des pesticides.
La commissaire à la Santé, Stella Kyriakides, a défendu la proposition de règlement sur l’usage durable des pesticides devant cette commission (EUROPE 12977/16).
Plusieurs eurodéputés au sein des groupes PPE, Renew Europe et CRE se sont inquiétés des conséquences du texte sur les rendements et la qualité de la production agricole.
Emma Wiesner (Renew Europe, irlandaise) a regretté que l’étude annoncée sur la sécurité alimentaire n’ait pas été réalisée avant la proposition (EUROPE 12978/34). Elle a par ailleurs dénoncé une prise en compte insuffisante des efforts historiques.
Christine Schneider (PPE, allemande) a jugé « excellent » de remplacer les pesticides chimiques par des pesticides naturels, mais il faut parler de sécurité d’approvisionnement. Elle a prôné une boîte à outils plus large que la simple mesure de réduction des pesticides. Ljudmila Novak (PPE, slovène) a dit qu’il fallait réduire les charges administratives des petits agriculteurs.
Respect des objectifs. Bas Eickhout (Verts/ALE, néerlandais), quant à lui, a dit redouter que la Commission soit impuissante si un État fixe un objectif de réduction trop faible. Mme Kyriakides a promis un dialogue « transparent » avec les États membres.
Sara Cerdas (S&D, portugaise) a aussi demandé les procédures en cas de non-respect des objectifs et a souligné que 70% des sols sont en très mauvais état.
Par ailleurs, Pernille Weiss (PPE, danoise) a déploré l’absence de procédures rapides pour l’homologation de pesticides biologiques. Jan Huitema (Renew Europe, néerlandais) a mis en garde contre la dépendance de l’UE à l’égard des importations de produits de pays tiers contenant des pesticides. Enfin, le suivi des pollinisateurs est absent de la proposition, a regretté Martin Hojsík (Renew Europe, slovaque).
La commissaire Kyriakides a indiqué que la Commission avait approuvé 20 nouvelles substances à faibles risques. Il faut des alternatives qui arrivent rapidement sur le marché pour assurer la transition. Et des délais raccourcis d’approbation seront prévus, a-t-elle ajouté.
Sur les objectifs de réduction (50%), il est prévu une limite minimale de 35%, a rappelé Mme Kyriakides. « Il n’est pas envisageable qu’un État membre n’atteigne pas son objectif. Il faut des objectifs ambitieux », a prôné la commissaire. « Si les avancées sont trop lentes, nous agirons », a-t-elle poursuivi.
En 2023, la Commission fera une proposition sur les 'New Breeding Techniques' (nouvelles techniques génomiques) et présentera « bientôt » une proposition sur la protection des pollinisateurs.
La désignation des rapporteurs au PE sur les pesticides et la restauration des écosystèmes devrait intervenir début juillet. (Lionel Changeur)