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Bulletin Quotidien Europe N° 12983
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Invasion Russe de l'Ukraine / SÉcuritÉ alimentaire

Il est impossible de déplacer suffisamment de céréales sans l’ouverture des ports ukrainiens, selon David Beasley du PAM

David Beasley, directeur exécutif du programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies, a déclaré, jeudi 30 juin devant des eurodéputés, qu’il était impossible de déplacer suffisamment de céréales en faveur des pays tiers dans le besoin « sans l’ouverture des ports ukrainiens », dont celui d’Odessa.

David Beasley a fait le point sur la sécurité alimentaire dans le contexte de la guerre en Ukraine déclenchée par la Russie devant les commissions agriculture et développement du Parlement européen. « Il faut ouvrir le port d’Odessa », a martelé M. Beasley. En effet, en temps normal, 3 000 à 4 000 wagons de marchandises quittent quotidiennement le port.

Le G7 s'est engagé, le 28 juin, à tout faire pour aider les pays les plus vulnérables à faire face à la crise alimentaire (EUROPE 12982/24).

La solution consiste donc, selon lui, à « faire pression sur la Russie afin qu’elle accepte de rouvrir ces ports » de la mer Noire. Les autres petites solutions (transport par voie terrestre et ferroviaire notamment) ne font que repousser le problème, selon M. Beasley.

Il a confirmé que le PAM avait acheté notamment des céréales ukrainiennes afin de nourrir déjà le peuple ukrainien. « On cherche d’autres routes d’approvisionnement vers la Roumanie, par exemple, ou grâce à des barges pour l'approvisionnement des navires en marchandises. Les déplacements par camions ont pour effet d’augmenter les coûts des produits, ce qui a un impact sur le marché », a ainsi expliqué le directeur exécutif du PAM.

« La question des ports doit être résolue. Les pays africains et autres qui dépendent des céréales ukrainiennes doivent mettre la pression sur la Russie », a-t-il encore insisté.

L’Égypte, par exemple, achète environ 80% de son blé d’Ukraine. « Nous aidons ces pays en achetant des produits provenant d’autres sources en attendant de faire sortir davantage de céréales d’Ukraine », a expliqué encore M. Beasley.

Les eurodéputés Herbert Dorfmann (PPE, italien) et Dacian Cioloș (Renew Europe, roumain) ont suggéré que le PAM achète lui-même les céréales d’Ukraine et se charge de les acheminer vers les pays tiers les plus vulnérables.

M. Dorfmann et d’autres eurodéputés ont insisté sur les problèmes logistiques qui existent à la frontière ukrainienne pour transporter les céréales via la Pologne ou la Roumanie.

Éric Andrieu (S&D, français) a demandé de prendre au sérieux le sujet de la spéculation et s’est interrogé, comme Martin Häusling (Verts/ALE, allemand), sur l'utilité de produire des agrocarburants en ces temps de crise alimentaire.

Dacian Cioloș a regretté l’absence de solutions pour se prémunir de l’instabilité qui existe sur les marchés agricoles.

Martin Häusling a insisté aussi, comme d’autres, dont Pierrette Herzberger-Fofana (Verts/ALE, allemande) et Maria Noichl (S&D, allemande), sur l’importance d’aider les pays africains à se doter d’une véritable souveraineté alimentaire (agroéconomie, diversification des cultures). (Lionel Changeur)

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