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Bulletin Quotidien Europe N° 12976
POLITIQUES SECTORIELLES / Industrie

Le secteur automobile et des eurodéputés s’interrogent sur l’interdiction des ventes de véhicules neufs à moteur à combustion pour 2035

La question du vote récent du Parlement européen sur le rapport ‘Huitema’ relatif aux normes d’émissions de CO2 pour les voitures et camionnettes, notamment l’amendement interdisant la vente de véhicules neufs à moteur à combustion interne d'ici 2035, a été largement discutée lors d’une audition en commission ‘industrie, recherche et énergie’ (ITRE), mardi 21 juin, avec les représentants du secteur automobile (ACEA, CLEPA, ANFIA), des syndicats (IG Metall) et des ONG (T&E).

L’audition était prévue de longue date. Pour autant, le vote au début du mois en session plénière, qui exclut la vente de véhicules neufs à combustion interne à partir de 2035 (EUROPE 12967/3), était sur toutes les lèvres. Car le secteur automobile et une partie du PE (la droite principalement) avaient poussé, sans succès, pour un amendement qui visait à réduire d’ici 2035 de 90% les émissions du secteur automobile et non 100%, permettant de maintenir des chaînes de production dans la technologie des moteurs à combustion interne (EUROPE 12950/10).

Ainsi, durant les interventions, le secteur automobile et les eurodéputés allant de l’extrême droite, comme l’Italienne Isabella Tovaglieri, aux sociaux-démocrates, comme le Roumain Dan Nica, se sont retrouvés sur la nécessité d’opter pour une solution qu’ils jugent « réaliste ».

Leurs requêtes, d’une manière générale, ont porté sur la nécessité de n’exclure aucune technologie alternative, notamment les nouvelles technologies de combustion interne, afin de réussir la transition en limitant la destruction de l’emploi. La production de voitures électriques est moins intense en termes d’emploi que celle de voitures conventionnelles et thermiques. Ils se sont inquiétés aussi du risque de perdre le savoir-faire européen et de créer de nouvelles dépendances vis-à-vis de pays tiers, en l’occurrence le lithium chinois.

Tous ont souligné la dimension des investissements à réaliser, notamment pour déployer les bornes électriques sur tout le territoire européen et l’incapacité à faire face à la concurrence chinoise. Dominique Riquet (Renew Europe, français) a fait une intervention particulièrement virulente à l’encontre du vote du PE, qui aura un bilan « désastreux » sur le plan économique, pour un résultat « douteux » sur le plan environnemental. Et de rappeler que la commission ITRE avait eu une position plus modérée que celle adoptée en plénière.

Du côté des eurodéputés verts ou de la représentante de T&E ou d’IG Metall, le son de cloche était tout autre, fustigeant la litanie de plaintes du secteur industriel, à l’instar de Michael Bloss (Verts/ALE, allemand), avant d’insister sur la force du marché pour guider l’action des opérateurs économiques et l'action publique pour accompagner la transition, notamment pour déployer les bornes de recharge.

Julia Poliscanova, directrice principale au sein de Transport & Environment (T&E), a rappelé en sus que les marchés allaient émerger à l’international - en Chine, aux États-Unis ou encore au Canada et au Chili - pour s’orienter vers une mobilité à zéro émission. Cette situation va avoir pour conséquence un basculement vers une production de masse des véhicules électriques, a-t-elle analysé. L’Europe devrait, selon elle, miser tout sur l’innovation pour rester compétitive.

Elle a par ailleurs reconnu la dépendance européenne vis-à-vis de certaines matières premières, comme le lithium. Mais elle a rappelé que le lithium était également existant sur le territoire européen. L’exploitation dans un relatif respect de l’environnement est possible grâce à des technologies existantes, telle que la géothermie, a-t-elle ajouté. Enfin, elle a précisé que le recyclage pouvait être une solution viable pour « fixer » les matières premières sur le territoire européen.

Du côté du Conseil de l'UE, les ministres chargés de l’Environnement devraient adopter une orientation générale lors du Conseil ‘Environnement’ du 28 juin. La République tchèque, qui reprend la présidence tournante du Conseil de l’UE, espère ouvrir rapidement les négociations interinstitutionnelles. (Pascal Hansens)

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