Des eurodéputés ont présenté, mardi 21 juin, des idées pour améliorer l’efficacité des corridors alimentaires à la frontière Pologne-Ukraine, mis en place en raison de la guerre en Ukraine déclenchée par la Russie.
Une délégation de la commission de l'agriculture du PE, emmenée par son président, Norbert Lins (PPE, allemand), s’est rendue à la frontière entre la Pologne et l'Ukraine pour évaluer l'efficacité de ces corridors visant à faciliter les exportations de produits agricoles.
Norbert Lins s'est dit « surpris » de constater que certaines céréales passent à la frontière entre l'Ukraine et la Pologne, comme du colza, du maïs, de l'huile de tournesol, mais très peu de blé. Le plan d'action de la Commission européenne sur les 'Solidarity Lanes' n'est pas assez connu ici, d'où le besoin d'améliorer la coordination, à ses yeux.
Sur le 'transit' des céréales, il existe des perturbations à la frontière avec la Pologne, a aussi relevé M. Lins.
Il a précisé que 18 millions de tonnes de céréales restent bloquées dans les ports de la mer Noire, dont un peu moins de la moitié sont du blé.
Il faudrait accélérer l’acheminement du blé, il n’y a pas une seule solution. L’UE et les pays du voisinage doivent prendre leurs responsabilités pour choisir les bons couloirs pour faite passer les céréales, a dit le président de cette commission. « J’ai des doutes lorsque l’on évoque uniquement les passages à la frontière avec la Roumanie », a estimé M. Lins.
Herbert Dorfmann (PPE, italien) a évoqué les possibilités d'améliorer à la frontière certains aspects techniques (assurances pour les camions de l'UE allant en Ukraine) et l'acheminement du blé. « Ce blé doit aller en Afrique », a dit M. Dorfmann.
Par ailleurs, M. Lins a indiqué que la Commission pourrait adopter mercredi 22 juin une proposition prévoyant des dérogations concernant les règles en matière de rotation des terres et de jachères pour 2023, ceci « de manière temporaire », a-t-il insisté (EUROPE 12971/6). (Lionel Changeur)