Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a appelé, samedi 11 juin, à l’octroi du statut de candidat à l’UE à son pays. Une telle décision pourrait être prise lors du Conseil européen des 23 et 24 juin.
« Nous sommes dans un moment décisif pour l’Ukraine, l’UE et l’Europe tout entière », a-t-il estimé lors d’un point presse avec la présidente de la Commission européenne, Usula von der Leyen, à Kiev. Selon lui, l’ensemble de l'Europe est une cible pour la Russie et l’Ukraine est la première étape de son plan. « C’est pourquoi une réponse positive sur la candidature de l’Ukraine pour l’adhésion à l’UE peut devenir une réponse positive à la question de savoir s’il y a un avenir pour le projet européen », a-t-il expliqué.
Le président ukrainien a rappelé que, selon des sondages dans les pays européens, la « vaste majorité » des Européens considèrent l’Ukraine comme faisant partie de la famille européenne. Il a appelé à la reconnaissance de « cette réalité » au niveau politique, lors du Conseil européen « historique » de la fin juin.
M. Zelensky a également prévenu que l’obtention du statut ne serait que le début de la voie vers l’adhésion, ajoutant que son pays devait faire des réformes dans la mise en œuvre de l’accord d’association entre l’UE et l’Ukraine.
La présidente de la Commission n’a pas fait de révélation sur l’avis de son institution sur la candidature ukrainienne, qu’elle devrait publier le 17 juin. La Commission pourrait proposer l’octroi du statut sous conditions liées à l’État de droit et la législation anticorruption (EUROPE 12969/18).
Mme von der Leyen a rappelé que le processus était fondé sur le mérite. « J'apprécie vraiment les énormes efforts et la détermination de l'Ukraine dans ce processus », a-t-elle souligné. Selon la présidente, le pays est « une démocratie parlementaire présidentielle solide et bien ancrée », qui possède des institutions « solides et bien ancrées, une administration qui fonctionne à tous les niveaux » et « est hautement numérisé ».
Cependant, « des réformes doivent encore être mises en œuvre pour lutter contre la corruption, par exemple, ou pour moderniser l'administration, ce qui contribuera également à attirer les investisseurs », a prévenu Mme von der Leyen, ajoutant que le programme de réformes devait montrer des résultats.
Elle a aussi mis en avant la reconstruction du pays, précisant partager les mêmes objectifs avec l'Ukraine : « canaliser les investissements et mettre en œuvre les réformes de manière à améliorer la vie des Ukrainiens, à reconstruire l'Ukraine, à rendre l'Ukraine attrayante pour les investisseurs, à créer un environnement propice au secteur des affaires et, bien sûr, à aider l'Ukraine à poursuivre son chemin vers l'Europe ».
Le président ukrainien, quant à lui, a de nouveau appelé l’UE à adopter davantage de sanctions contre la Russie, que ce soit contre les fonctionnaires ou les entreprises russes qui soutiennent la guerre ou encore sur l’énergie russe. (Camille-Cerise Gessant)