Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a estimé, dimanche 15 mai, qu’une candidature de la Suède et de la Finlande pour adhérer à l’Alliance serait un « moment historique ».
Plus tôt dans la journée, le Président et la Première ministre finlandais avaient annoncé que leur pays allait demander de devenir membre de l’OTAN. Un débat était organisé le 16 mai au Parlement finlandais et ce dernier pourrait donner son accord pour la candidature dans les prochains jours.
Le gouvernement suédois a décidé, lundi 16 mai, que son pays devait déposer une demande d’adhésion à l’Alliance.
« Si la Finlande et la Suède demandent d'adhérer à l'OTAN, ce sera un moment historique pour l'Europe, pour la Finlande, pour la Suède, pour l'OTAN et pour tout le lien transatlantique », a expliqué M. Stoltenberg à l’issue d’une réunion informelle des ministres des Affaires étrangères à Berlin. Selon le secrétaire général, « la Finlande et la Suède sont les partenaires les plus proches de l'OTAN ». « Leur adhésion renforcerait notre sécurité commune, démontrerait que la porte de l'OTAN est ouverte et que l'agression ne paie pas », a-t-il ajouté.
« Nous sommes d'accord pour envoyer ce message à la Finlande et la Suède : si vous êtes prêts, nous sommes prêts », a lancé la ministre allemande, Annalena Baerbock. Selon elle, les deux pays « sont politiquement et militairement prêts pour l'adhésion, il n’y a aucun doute ». « Ils sont membres de l'UE et de l'OSCE, leurs forces sont déjà intégrées dans la structure de l'OTAN dans une très large mesure, ils remplissent les normes de l'OTAN, ils sont prêts à participer aux missions de l'OTAN », a-t-elle détaillé, estimant que les deux pays étaient « pratiquement membres de l'OTAN sans le statut, sans la carte de membre ».
Aller aussi vite que possible
Tous les Alliés ne sont pas aussi enthousiastes quant à une candidature des deux pays. Le président turc, Recep Tayyip Erdoğan, a émis des réserves, vendredi 13 mai (EUROPE 12952/23). M. Stoltenberg a voulu rassurer. « La Turquie a clairement indiqué que son intention n'était pas de bloquer l'adhésion. Je suis donc convaincu que nous serons en mesure de répondre aux préoccupations exprimées par la Turquie de manière à ne pas retarder le processus d'adhésion », a-t-il expliqué. M. Stoltenberg a expliqué que les Alliés allaient discuter avec la Turquie afin de trouver un consensus. « C'est mon intention. C'est mon plan. Je suis convaincu que nous serons en mesure de le faire également dans ce cas, car tous les Alliés sont conscients de l'ampleur historique du moment », a-t-il ajouté.
M. Stoltenberg a ainsi espéré que le processus d’adhésion des deux pays irait vite, tout en reconnaissant que le processus de ratification par les 30 Parlements alliés prendrait « un certain temps ». « Il n'y a aucun moyen de l'empêcher. Mais le plan est que le processus aille plus vite que ce que nous avons vu auparavant », a-t-il expliqué. Selon M. Stoltenberg, de nombreux Alliés ont déclaré qu'ils trouveraient des voies rapides pour la ratification. Mme Baerbock a ainsi promis une telle approche, tout comme le Slovaque Ivan Korčok, alors que la ministre canadienne, Mélanie Joly, a annoncé que son pays comptait être parmi les premiers à ratifier les processus.
Assurer la sécurité pendant la période intérimaire
Le secrétaire général a en outre prévenu que l’Alliance était prête à répondre aux préoccupations sécuritaires d’Helsinki et Stockholm pendant la période intérimaire – période entre la candidature officielle et l’adhésion - concernant de possibles réactions de la Russie.
« Nous examinerons les moyens de fournir des garanties de sécurité, notamment en augmentant la présence de l'OTAN dans la région, dans la région de la Baltique, en Finlande et en Suède et dans les environs, bien sûr en étroite consultation et en accord avec la Finlande et la Suède », a-t-il promis, ajoutant que l’OTAN travaillait déjà en étroite collaboration avec les deux pays, par exemple sur les menaces hybrides et les cybermenaces.
« Nous avons donc déjà développé des méthodes de collaboration très étroite avec ces pays pour faire face à certaines des menaces et des défis qu'ils craignent de voir se multiplier au cours de cette période intermédiaire. Nous travaillerons donc en étroite collaboration avec eux pour obtenir et fournir des assurances pendant la période intérimaire », a-t-il souligné. (Camille-Cerise Gessant)