Les députés membres de la commission des Transports du Parlement européen ont débattu, lundi 16 mai, dans la foulée d’une série d’interventions d'experts du domaine, des avantages comparatifs entre les différents modes de transports aérien, maritime et ferroviaire.
Si la totalité des eurodéputés semblent d’accord quant à l’impératif de décarboner les transports au sein de l’UE, les approches à privilégier diffèrent.
« Tous les modes de transport peuvent contribuer à la croissance économique, au développement. On doit tout décarboner, mais il ne faut pas en tuer un au profit d'un autre », a estimé Marian-Jean Marinescu (PPE, roumain) à propos du passage du transport aérien au transport ferroviaire.
« Le passage au ‘tout ferroviaire’, c’est plus un slogan [qu'autre chose]. Il faut des rails pour cela, des chemins de fer, mais nous n’en avons parfois pas. On ne peut pas tout mettre sur des rails », a-t-il complété.
Pour d’autres, en revanche, à l’image de Ciarán Cuffe (Verts/ALE, irlandais), le train représente une partie majeure de la solution pour parvenir aux objectifs climatiques et environnementaux fixés par l’UE.
« Le secteur aérien n’a pas de bon plan à court et moyen termes pour se décarboner. Le secteur ferroviaire l’emporte haut la main, même pour le court courrier. (…) Nous devons vraiment donner un coup de pouce aux modes les plus durables et le plus simple c’est en calculant les coûts externes et en les incluant dans notre mode de calcul », a-t-il jugé.
Pour d’autres, si le transport ferroviaire représente une alternative dans certains domaines, il ne faut toutefois pas oublier les problèmes existants.
« Il existe trop de nationalisme ferroviaire. Si on veut une multimodalité, il faut un vrai secteur européen », a déclaré Jakop Dalunde (Verts/ALE, suédois), regrettant les disparités en matière de normes et de contraintes techniques subsistantes pour parvenir à un service ferroviaire transfrontalier « efficace ».
Plusieurs eurodéputés ont aussi insisté sur la nécessité de favoriser la numérisation du secteur et de préparer ce dernier - via des formations - aux futurs emplois qui seront créés.
Pour d’autres, enfin, le tourisme ne doit pas être oublié dans l’équation globale. « Il faut faire le lien avec le tourisme, plus vert, plus numérique. On doit encourager la mobilité en Europe. On doit assurer un accès facile aux transports, avec de bons système de billetterie et des prix justes. La Commission pourrait lancer des initiatives en la matière », a conclu l’eurodéputée grecque Élena Koundourá (La Gauche). (Thomas Mangin)