Le directeur général de l’Agence internationale de l’Énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, a fait part, mardi 10 mai, de ses préoccupations concernant la centrale nucléaire de Zaporijjia en Ukraine, la plus grosse d’Europe avec six réacteurs.
Des combats entre l’armée ukrainienne et l’armée russe s’y sont déroulés début mars. Depuis, selon M. Grossi, la situation est « extrêmement fragile », car la centrale est sur le territoire ukrainien, mais « sous contrôle russe ».
« La centrale est toujours gérée par les opérateurs ukrainiens, mais il y a un contrôle de sécurité par les troupes russes et, au sein de la centrale, il y a des experts russes dont la fonction n’est pas tout à fait claire, mais ce sont des gens de haut niveau qui surveillent le fonctionnement de la centrale. Or, ceci va à l’encontre de tous les principes de sécurité mis en place en matière de personnels », a expliqué le directeur général lors d’une audition au Parlement européen.
Selon M. Grossi, il y a un potentiel de désaccord entre les personnes sur place, avec un risque de donner des instructions contradictoires. « C’est quelque chose qu’il faut éviter dans une centrale aussi complexe et sophistiquée que celle-ci », a-t-il mis en garde. Il s'est inquiété du fait qu'un désaccord ou une situation confuse débouche sur un accident.
Le directeur général a aussi expliqué que les inspecteurs de l’AIEA ne pouvaient pas se rendre sur place. « J’ai proposé de mener moi-même une mission là-bas pour vérifier si tout est en ordre en matière de sécurité nucléaire et voir toutes ces questions de commandements », a-t-il précisé, ajoutant être en contact avec les autorités ukrainiennes et les autorités russes à ce sujet. Selon lui, si les deux parties sont d’accord pour une visite, « le format des modalités politiques de la visite est encore plus important pour eux que la mission technique qui est la mienne », ce qui complique la visite. (Camille-Cerise Gessant)