Réunis à Tokyo jeudi 12 mai pour le 28e sommet UE-Japon, le Président du Conseil européen, Charles Michel, la Présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le Premier ministre japonais, Fumio Kishida, devraient annoncer le lancement d'un partenariat sur le numérique, le premier de ce type.
Celui-ci donnera un cadre pour la coopération sur le numérique. « Nous avons des objectifs largement partagés avec le Japon sur les semi-conducteurs, la libre circulation des données, la 5G et la 6G, etc. », a indiqué une source européenne en amont du sommet UE-Japon. Ce partenariat permettra d'aller vers un alignement des politiques entre les deux parties, mais aussi d'augmenter les échanges économiques.
Le sommet sera également l'occasion de revenir sur l'alliance verte lancée entre les deux parties l'année dernière (EUROPE 12728/13), là aussi première de ce type. L'UE et le Japon devraient travailler sur un plan stratégique à ce sujet, qui devra être finalisé avant la fin juillet.
Sur le plan commercial, l'UE voudrait renforcer les liens avec le Japon et s'attaquer au « potentiel inexploité », d'après une source européenne. Cela concerne notamment l'accès des produits agricoles au marché japonais (certains produits agricoles sont encore soumis à des tarifs malgré l'Accord de partenariat économique) ou encore l'accès aux marchés publics.
Le potentiel inexploité concerne aussi d'autres projets comme la connectivité. L'UE souhaite aborder les négociations sur un Accord sur les services aériens avec le Japon, que les deux partenaires voudraient signer avant la fin de l'année.
Un autre rapprochement pourrait être bientôt acté, sur la recherche cette fois : le Japon a soumis à l'UE une lettre d'intention dans le but d'être associé au programme européen de recherche 'Horizon Europe'. Les dirigeants auront l'occasion d'en discuter lors du sommet. D'après une source européenne, une association du Japon à ce programme montrerait à quel point les deux parties sont proches dans ce domaine.
Sur bien d'autres sujets, l'UE considère le Japon comme un partenaire proche, aux valeurs partagées. Depuis le début de la guerre en Ukraine, le pays, membre du G7, a imposé différentes sanctions à la Russie. « Le Premier ministre japonais, Fumio Kishida, a voyagé en Europe et en Asie du Sud-Est avec des messages très importants pour soutenir la position de l'UE. Cet engagement est très important pour nous ». Le sujet de la guerre promet de prendre une place d'ampleur dans les échanges.
Les dirigeants veulent travailler ensemble pour éviter le contournement des sanctions, combattre la désinformation russe et chinoise, et isoler la Russie sur la scène internationale.
La coopération internationale plus largement sera aussi abordée, dans un contexte où l'UE souhaite renforcer son ancrage dans la région de l'Indopacifique.
En marge du sommet, Charles Michel se rendra à Hiroshima le 13 mai pour visiter le Mémorial national de la Paix pour les victimes de la bombe atomique. (Léa Marchal)