La commissaire européenne à la Santé, Stella Kyriakides, veut profiter de l'accalmie sur le front de la pandémie de Covid-19 pour redéployer la réponse européenne et la réponse des États membres à la pandémie.
Les États membres s’engagent dans des approches très différenciées dans cette nouvelle phase de la pandémie. L’institution s’inquiète, de ce fait, d’une fragmentation dans l'Union européenne. Cette disparité menace les gains générés par la relative coordination obtenue depuis le début de la pandémie au sein de l’UE.
La Commission propose aux États membres une série d’actions qui concernent les différentes dimensions de la réponse sanitaire à la pandémie aux niveaux européen et national pour passer d’une gestion d’urgence de la pandémie à une approche plus pérenne et rendre l’UE rapidement réactive en cas de résurgence de la pandémie. « Nous ne devons pas baisser la garde », a insisté Stella Kyriakides.
Ainsi, les campagnes de tests nationales se concentrent actuellement sur les cas de Covid-19 sévères et les personnes susceptibles de développer des formes sévères de la maladie, ce qui diminue la qualité des échantillonnages et des données. La Commission appelle les États membres à mettre en place des systèmes de surveillance intégrés, numérisés et coordonnés. Elle souhaite que les États puissent élaborer un échantillonnage pertinent afin de disposer de données représentatives et robustes sur le modèle des systèmes de surveillance de la grippe saisonnière. Les autres modes de surveillance de l’épidémie doivent également être mobilisés.
La Commission confirme qu’elle soutiendra les efforts pour la surveillance transfrontière des pathogènes et la mise en place de systèmes de surveillance intégrés et coordonnés en mobilisant 20 millions d’euros issus du programme EU4Health et le soutien de l’ECDC.
Au chapitre de la vaccination, deux éléments inquiètent particulièrement la Commission européenne dans l'éventualité d’une possible recrudescence de l’épidémie. D’une part, le déploiement de la vaccination marque un plateau et le taux de vaccination demeure très bas dans certains États membres. D’autre part, l’immunité des personnes n’ayant pas encore reçu de dose de rappel décline. La Commission propose donc aux États un ensemble de mesures pour encourager à la vaccination et aux rappels de vaccination et appelle à déployer la 4e dose pour les groupes concernés (EUROPE 12928/27), à élaborer des stratégies pour déployer les vaccins chez les jeunes enfants lors de l’année académique 2022-2023, à préparer les campagnes de vaccins pour cet automne, y compris les vaccins contre la grippe saisonnière. Enfin, la Commission propose d’intégrer la vaccination contre la Covid-19 dans les programmes nationaux à partir de 2023.
La Commission s'est penchée sur le volet de la production de vaccins. Elle entrevoit l’arrivée d’une seconde génération de vaccins. L’institution se tient prête à faciliter les aspects réglementaires et soutient le développement des candidats vaccins et de potentiels traitements, notamment via Horizon Europe. Différentes initiatives sont en cours pour faciliter des essais cliniques transfrontaliers.
La Commission annonce la mise en œuvre opérationnelle de la EU FAB initiative. Le projet, annoncé en février 2021 dans le cadre de l’incubateur HERA a pour but de sécuriser des capacités de production de vaccins afin de répondre à la demande du marché européen en cas d’urgence de santé publique. EU FAB initiative permettra de consolider, de concert avec les États membres et les producteurs de vaccins, un réseau d’installations de production de vaccins. La Commission annonce la publication prochaine d’un appel d’offres dans ce cadre.
La Commission européenne appelle les États membres à renforcer la résilience des systèmes de santé.
Elle souhaite en outre que les États élaborent des stratégies pour réintroduire les interventions non pharmaceutiques si et lorsque la situation sanitaire le requiert. Les États sont appelés à investir dans les approches prophylactiques.
Enfin, la Commission attire l’attention sur d'autres questions de santé publique directement ou indirectement liées à la Covid-19, la prise en compte de la Covid-19 longue et de la santé mentale, particulièrement chez les jeunes.
Lien vers la communication : https://aeur.eu/f/1e4 (Émilie Vanderhulst)