login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 12935
Invasion Russe de l'Ukraine / Agriculture

Les eurodéputés demandent des mesures pour contrecarrer la hausse des prix des engrais dans l'UE

Suspension des droits de douane sur les engrais importés, utilisation du fumier, réduction de la dépendance à l’égard des pays tiers : les membres de la commission de l’agriculture du Parlement européen ont demandé à la Commission européenne, mercredi 20 avril, de prendre des mesures pour aider les agriculteurs à faire face à la hausse de 40% des prix des engrais depuis le début de la guerre en Ukraine déclenchée par la Russie.

Herbert Dorfmann (PPE, italien) a dénoncé des prix « absurdes » pour les engrais et a estimé que la cause devait être attribuée surtout à l’échec de ce marché. « Les oligopoles sont utilisés au détriment des agriculteurs de l’UE et les entreprises d’engrais ont fait des bénéfices énormes », a-t-il critiqué. Il a demandé à la Commission de faire des enquêtes pour vérifier le respect des règles de concurrence.

Clara Aguilera (S&D, espagnole) a évoqué, comme d’autres, la dépendance excessive de l’UE vis-à-vis de certains pays tiers. « Il faut agir, car, si la situation continue, on risque d’avoir un problème d’approvisionnement » en engrais en Europe et il convient de lever les contraintes qui empêchent d’utiliser le fumier comme engrais, a préconisé Mme Aguilera.

Pour Martin Hlaváček (Renew Europe, tchèque) également, il faut autoriser l’utilisation de substances organiques.

Martin Häusling (Verts/ALE, allemand) a dit qu'il fallait surtout « forcer le passage » à un monde qui dépend moins des carburants fossiles et développer les plantations de légumineuses et le recours aux engrais biologiques.

Anne Sander (PPE, française) a prôné deux types de mesures : la suspension provisoire des droits de douane sur les engrais importés et des achats communs d’intrants par les agriculteurs.

Le directeur général adjoint au sein de la DG Agriculture, Michael Scannell, a relevé notamment le « signe encourageant » de la hausse des récoltes de céréales dans l’UE et a rappelé l'enveloppe de 500 millions d’euros destinée à aider les agriculteurs de l’UE à faire face, entre autres, à la hausse des prix des engrais ainsi que le nouvel encadrement sur les aides d’État.

Engrais bio et réduction de la dépendance à l'égard des engrais fossiles. La Commission compte aussi favoriser une meilleure utilisation des engrais bio et « nous allons voir comment utiliser des effluents d’élevage, du lisier de manière plus durable tout en respectant les normes environnementales. Nous cherchons également des moyens de réduire notre dépendance à l’égard des engrais fossiles », a souligné M. Scannell. L’hydrogène pourrait être une alternative intéressante aux engrais fossiles.

Le secteur des engrais est très segmenté. Le secteur de la potasse est détenu par certains grands pays (Russie et Biélorussie). « Nous ne produisons pas suffisamment d’engrais à base de potassium », a reconnu le représentant de la Commission. Idem s’agissant des engrais à base de phosphore (marché dominé par la Chine ou le Canada). « Nous importons beaucoup d’ammoniac pour produire nos engrais. Si nous constatons des distorsions au niveau de la concurrence, nous interviendrons », a promis la Commission.

La Commission travaille actuellement sur les droits antidumping. « L’évaluation est en cours, mais cela ne changera pas fondamentalement la donne », a mis en garde l’institution.

Les ministres de l'Agriculture des pays de l'UE se sont inquiétés également, début avril, de la hausse des prix des intrants, dont des engrais (EUROPE 12929/13). (Lionel Changeur)

Sommaire

Invasion Russe de l'Ukraine
POLITIQUES SECTORIELLES
DROITS FONDAMENTAUX - SOCIÉTÉ
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
BRÈVES