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Bulletin Quotidien Europe N° 12935
Invasion Russe de l'Ukraine / Aide humanitaire

Les eurodéputés et Mykita Poturayev demandent plus de soutien à l'Ukraine face à une crise humanitaire d'ampleur

Les députés de la commission du développement du Parlement européen ont exprimé leurs préoccupations quant à l'ampleur de la crise humanitaire en Ukraine et des fonds requis pour y faire face, mercredi 20 avril, en pleine offensive russe dans le Donbass.

Ils ont appelé à l'établissement de corridors humanitaires et à l'augmentation de l'aide de la communauté internationale, sur la base des témoignages d'un député ukrainien, d'une ONG tchèque et du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), auxquels ils ont donné la parole. Plus tôt dans la journée, Kiev avait annoncé un accord préliminaire avec la Russie sur le premier couloir humanitaire pour l'évacuation de civils depuis Marioupol, selon l'AFP.

Évoquant plus de 1 000 écoles endommagées et 95 complètement détruites, 300 centres médicaux endommagés, dont 21 détruits, 230 lieux culturels détruits ou sévèrement endommagés, 578 enfants victimes dont 205 tués et 373 blessés, le président de la commission de la politique humanitaire et de l'information de la Rada (Parlement) d'Ukraine, Mykyta Poturayev, a affirmé : « On ne peut pas demander à l'Ukraine de faire des efforts par rapport à la Russie au motif d'un risque de famine mondiale. Non, nous ne sommes pas responsables d'un risque de famine mondiale. Tous doivent faire pression sur la Fédération de Russie, pas sur l’Ukraine ».

Appel à l'aide pour 'gagner la guerre'Selon ce parlementaire ukrainien, « le point essentiel est d'aider l’Ukraine à gagner cette guerre, parce que seule notre victoire pourra apporter la solution à tous ces problèmes ».

Le président de la commission parlementaire, Tomas Tobé (PPE, suédois), déplorant « une situation catastrophique, des violations du droit humanitaire et des crimes commis par les troupes russes », l'a assuré de son soutien, affirmant que « personne au Parlement européen ne vous dira : l’Ukraine doit être pressée d'accepter les conditions imposées par la Russie à ce stade ». Il a souligné aussi qu'il fallait améliorer la situation humanitaire.

Les besoins humanitaires sont énormes et dans tout le pays, il faut de l'argent liquide pour soutenir les personnes déplacées, a souligné Alexandra Boivin du Comité international de la Croix-Rouge.

Insistant sur la neutralité du CICR, imposée par la Convention de Genève, elle a déclaré : « Nous maintenons le dialogue avec les parties au conflit pour pouvoir faire notre travail et encourager au respect du droit humanitaire international ». Obtenir un accord entre les parties pour ces corridors humanitaires est extrêmement difficile, a-t-elle reconnu.

À l'Irlandais Barry Andrews (Renew Europe) qui demandait si le bureau du CICR à Rostov allait pouvoir apporter la preuve des '500 000 déportés d’Ukraine vers la Russie sans leur consentement', évoqués par M. Poturayev, elle n'a pu « ni confirmer ni infirmer » les faits.

Pour Marek Stys, de l’ONG tchèque People in Need, présente dans le Donbass depuis 2014, « la préparation de l'hiver prochain est la priorité ». Il a cité aussi les besoins critiques en approvisionnement en eau dans les zones urbaines et en soins de santé mentale ainsi que la nécessité de travailler sur « la mise en place de couloirs verts permettant de garantir des évacuations volontaires et sûres ».

Précisant que son ONG livre aussi des armes à l'Ukraine depuis Prague, il a évoqué la difficulté d'acheminer son personnel et les biens humanitaires de manière sûre - deux trains ont été confisqués. Des discussions sont en cours sur le distinguo à opérer entre aide militaire et aide humanitaire.

Plus de fonds. Karsten Lucke (S&D, allemand) s'est alarmé de l'épuisement des ressources du budget de l'UE, demandant s'il ne faudrait pas convoquer une conférence des donateurs pour couvrir les besoins croissants.

La représentante des services humanitaires de la Commission européenne (ECHO) a indiqué que celle-ci « fournit une aide vitale dans les zones assiégées, notamment à l'Est, où la situation est la plus dramatique », qu'elle a promis 1 milliard d'euros pour aider les Ukrainiens, dans le pays et à l'extérieur, et que les Nations Unies devraient lancer ce jeudi leur appel humanitaire flash révisé portant sur 2,07 milliards d'euros pour la période allant de juin à août.

À titre de comparaison, le budget d' ECHO, c'est 1,7 milliard d'euros pour toutes les crises dans le monde et le budget d'aide 2014-2021 pour l'Ukraine était de 25 millions par an. « Nous en sommes déjà à 143 millions d'euros, dont 13 millions pour la Moldavie (EUROPE 12934/5) et nous allons essayer encore d'augmenter ces fonds. Je m’attends à ce que la communauté des bailleurs se mobilise », a-t-elle déclaré. (Aminata Niang)

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