login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 12935
Invasion Russe de l'Ukraine / Ukraine

Des députées ukrainiennes demandent à l’UE de faire plus en termes d’équipements létaux et non létaux et de sanctions

Alors que le président du Conseil européen, Charles Michel, était à Kiev (voir autre nouvelle), Maria Mezentseva et Olena Khomenko, deux députées ukrainiennes, et Ivan Fedorov, maire de Melitopol, ont appelé l’Union européenne, mercredi 20 avril depuis Bruxelles, à faire plus pour aider leur pays, que ce soit en termes d’équipements létaux et non létaux et de sanctions.

« Il faut cesser la guerre avec tous les moyens possibles, des sanctions, des armes (…) , avec votre aide, j’ai la certitude que nous pourrons vaincre face à la Fédération de Russie », a lancé M. Fedorov aux députés européens de la commission des Affaires étrangères.

« Les armes arrivent. Nous avons besoin de plus et nous n’arrêterons pas d’insister là-dessus », a prévenu Mme Mezentseva lors d’une conférence organisée par Globsec à laquelle EUROPE était présente, tout en estimant qu’il y avait une vraie différence depuis trois semaines. « Combien de Boutcha devons nous avoir pour avoir plus d’armes ? », s’est interrogé la députée.

En plus du matériel létal, l’Ukraine a aussi besoin de matériel non létal, tel que des casques, des gilets par balles, des tenues d’été pour les militaires, du matériel optique, de communication, des véhicules et des équipements de protection, ont expliqué Mmes Mezentseva et Khomenko.

Cette dernière a aussi demandé un soutien pour recueillir les preuves de crimes de guerre. « Nous manquons de tests ADN, nous avons besoin de plus d’expertise, d’experts internationaux, d’équipement technique pour les enquêtes… et les villes libérées doivent être déminées », a-t-elle détaillé.

Devant les députés de la commission des Affaires étrangères du Parlement européen, les deux députées ont plaidé pour des sanctions supplémentaires. Mme Mezentseva a mis en avant les embargos sur le pétrole et le gaz russes et l’exclusion de toutes les banques russes de Swift. De son côté, Mme Khomenko a plaidé pour la poursuite de l’isolement diplomatique de la Russie, dont l’expulsion des diplomates, l’imposition d’un régime de visas pour les détenteurs de passeports diplomatiques et la révocation des permis de séjour pour les diplomates et les oligarques russes. Elle a aussi souligné l'importance des sanctions individuelles et du fait que les mesures imposées à la Russie le soient aussi à la Biélorussie.

Si Mme Mezentseva et plusieurs eurodéputés ont demandé que les avoirs russes saisis dans l’UE soient utilisés notamment pour reconstruire l’Ukraine, Peter Csonka, de la DG Justice de la Commission européenne, a expliqué que cela n’était pas possible. « Il faut respecter la Charte des droits fondamentaux et les droits de propriété. Il faut une condamnation », a-t-il expliqué. Il a ajouté que la Commission était à la recherche de solutions juridiques, telles que la corruption ou le blanchiment d’argent, qui sont des délits qui permettraient de confisquer les avoirs.

De son côté, Magda Kopczynska, de la DG MOVE, a sous-entendu que le 6e paquet de sanctions que devrait bientôt proposer la Commission européenne devrait inclure l’interdiction des ports européens aux navires à destination ou en provenance de la Russie.

Si le ministre des Affaires étrangères letton, Edgars Rinkevics, a annoncé, mercredi 20 avril, que l’UE préparait de nouvelles mesures contre la Russie pour éviter qu’elle échappe aux sanctions, Peter Grasmann, de la DG FISMA de la Commission, a précisé que l’UE étudiait de « très près » les transactions financières de la Russie avec des pays tiers comme moyens de contourner les sanctions, ajoutant qu’il n’y avait pas de preuves de contournement massif.

Avancer vers l’UE

À Globsec, Mme Mezentseva est revenue sur la candidature de son pays à une adhésion à l’UE. Selon la députée, plus de 80% des Ukrainiens soutiennent cette adhésion. En sept jours, l’Ukraine a remis la première partie de son questionnaire (EUROPE 12934/1). « Les États membres pourraient penser que l’Ukraine veut être membre de l’UE demain. Non, nous suivons la procédure », a-t-elle expliqué, précisant que l’accord d’association entre l’Ukraine et l’UE était la feuille de route de l’Ukraine. Mme Mezentseva a estimé que plus de 70% de l’accord d’association a déjà été accompli. De plus, la Verkhovna Rada a adopté plus de 90 législations européennes ces deux dernières années. (Camille-Cerise Gessant)

Sommaire

Invasion Russe de l'Ukraine
POLITIQUES SECTORIELLES
DROITS FONDAMENTAUX - SOCIÉTÉ
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
BRÈVES