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Bulletin Quotidien Europe N° 12934
Invasion Russe de l'Ukraine / Ukraine/russie

Les Occidentaux réaffirment leur soutien aux Ukrainiens « de toutes les manières possibles »

Réunis en visioconférence en format 'Quint+' à l'initiative du président américain, Joe Biden, les dirigeants des États-Unis, du Canada, du Japon, du Royaume-Uni, de l'Allemagne, de la France, de l'Italie, de la Pologne, de la Roumanie, ainsi que les présidents de la Commission européenne et du Conseil européen et le Secrétaire général de l'OTAN ont réaffirmé, mardi 19 avril, leur volonté de soutenir l'Ukraine face à l'invasion de la Russie alors que l'armée russe est repassée à l'offensive dans le Donbass.

À l'issue de la réunion d'une heure, une source française de l'Élysée a fait état d'un « très grand consensus » des participants sur les points suivants : - soutenir l'Ukraine « de toutes les manières possibles, militaires, politiques et économiques » sans pour autant entrer directement en guerre contre Moscou, notamment via l'installation d'une zone d'exclusion aérienne en Ukraine ; - envisager « de nouvelles sanctions, si la Russie persiste dans la guerre », l'ensemble des sanctions adoptées ne devant être levées que dans le cadre d'un accord satisfaisant la partie ukrainienne ; - convaincre les partenaires des pays tiers du fait que cette crise ne vise pas que les Occidentaux, mais menace la paix mondiale ; - soutenir les pays les plus affectés par la guerre, notamment ceux en proie à l'insécurité alimentaire ; - respecter le droit international et l'intégrité de l'Ukraine dans ses frontières qui incluent le Donbass et la Crimée. 

Cette source proche du président français, Emmanuel Macron, a pointé la nécessité pour des pays tiers comme la Chine, dont la réserve soutient indirectement la Russie, d'« établir clairement les responsabilités » de Moscou dans l'agression non provoquée qu'elle a déclenchée et qui bafoue le droit international. « Il y a un travail de persuasion qui reste à faire, en dépit des difficultés », a-t-elle admis.

« L'invasion russe de la Russie est une rupture éclatante du droit international » et la mort de milliers de civils constitue « des crimes de guerre dont le président russe porte la responsabilité », a estimé le chancelier allemand, Olaf Scholz, à l'issue de la visioconférence, selon l'AFP.

La réunion a également permis aux participants d'échanger sur les garanties de sécurité que des pays partenaires - États-Unis, Royaume-Uni, France, Allemagne, Italie - pourraient apporter à l'Ukraine une fois qu'un cessez-le-feu aura été déclaré et dans le cadre d'un accord international global. Ces garanties seraient plus proches de la clause intégrée au traité européen que du mécanisme d'assistance automatique impliquant les Alliés au sein de l'OTAN. Elles devront éviter que les parties retombent dans les travers des accords de Minsk, qui ont échoué à installer une paix durable.

Avant la visioconférence, l'Ukraine a demandé aux pays du G7 une aide de 50 milliards de dollars pour l'aider à financer l'effort de guerre.

La Secrétaire d'État adjointe américaine, Wendy R. Sherman, est à Bruxelles depuis lundi et jusqu'à la fin de la semaine pour poursuivre les discussions avec les Alliés et les partenaires européens sur la réponse à la guerre en Ukraine.

Depuis lundi soir, la Russie est passée à l'offensive afin de conquérir toute la région du Donbass, après avoir bombardé pendant le weekend plusieurs villes sur tout le territoire ukrainien. Le Haut Représentant de l'UE pour les Affaires étrangères, Josep Borrell, avait d'ailleurs condamné « la poursuite des bombardements aveugles et illégaux de civils et d'infrastructures civiles par les forces armées russes ». Il avait rappelé le soutien de l'UE au travail de la Cour pénale internationale pour que les violations des droits de l'homme et « les crimes de guerre » ne restent pas impunis. Le mandat de la mission de conseil de l'UE EUAM Ukraine a d'ailleurs été récemment modifié à cette fin.

Mardi, la Commission européenne a rappelé que les Européens étaient en train d'élaborer un sixième paquet de sanctions visant la Russie, après l'adoption, début avril, du cinquième train de mesures restrictives agréé depuis le déclenchement de la guerre, fin février, et incluant notamment un embargo sur le charbon russe et l'interdiction du trafic routier et maritime entre l'UE et la Russie (EUROPE 12929/1).

« Nous continuons de travailler à des sanctions et, quand le moment sera opportun, nous les annoncerons », a dit Peter Stano, porte-parole du Service européen pour l'action extérieure (SEAE). La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a indiqué ce weekend à la presse allemande que l'UE élaborait des mécanismes permettant d'inclure le pétrole russe dans le sixième paquet de sanctions (EUROPE 12934/2).

Élargissement. Lundi, le porte-parole de l'institution de l'UE, Eric Mamer, a par ailleurs confirmé que la Commission avait déjà reçu la première partie - sur les critères économiques et politiques - du questionnaire adressé à Kiev dans le cadre de sa demande d'adhésion à l'UE (EUROPE 12929/2). Après avoir reçu les réponses à la deuxième partie du questionnaire sur la reprise de l'acquis communautaire, la Commission rédigera « avec diligence » son avis sur l'état de préparation de l'Ukraine à l'adhésion à l'UE, qui sera adressé au Conseil européen, a-t-il ajouté, se refusant toutefois à anticiper un calendrier. (Mathieu Bion)

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