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Bulletin Quotidien Europe N° 12929
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POLITIQUES SECTORIELLES / Agriculture

La hausse des coûts des intrants agricoles continue d’inquiéter les ministres européens

Les ministres de l’Agriculture de l’UE ont fait part, jeudi 7 avril à Luxembourg, de leurs inquiétudes au sujet de la hausse des prix des intrants (carburant, engrais, prix de l’énergie, aliments pour animaux) causée par la guerre en Ukraine menée par la Russie.

Les ministres se sont aussi engagés à aider l’agriculture ukrainienne par tous les moyens. Le Conseil Agriculture a pu entendre une présentation du ministre ukrainien de l’Agriculture, Mykola Solskyi, qui a formulé des demandes précises de soutien à l’appareil productif agricole.

La Commission européenne a présenté les réponses aux demandes ukrainiennes à la fois en termes d’aide alimentaire et d’aide à la production agricole.

Julien Denormandie, le ministre français qui préside le Conseil 'Agriculture', a indiqué que l’Ukraine fait tout pour maintenir une production agricole. « 50 à 70% des terres d’Ukraine peuvent être semées », selon lui. L’Ukraine a formulé des demandes (carburant, semences, capacités de stockage après récolte, logistique…) et la Commission va piloter la compilation des apports que les États membres pourraient lui accorder.

La France a envoyé, par exemple, des semences de pomme de terre. L’Ukraine a aussi des demandes en matière de matériel agricole (machines) et en termes de stockage de la production à venir.

Mykola Solskyi a demandé à l'UE, y compris aux entreprises européennes, de cesser toute forme de collaboration avec la Russie. Il a confirmé que les agriculteurs ukrainiens semaient partout où ils le pouvaient, mais que la récolte pourrait être de 30 à 50% inférieure à la normale. Il a demandé la simplification des exigences administratives pour les exportations en provenance d'Ukraine.

Hausse des coûts des intrants et des aliments. Les coûts des intrants augmentent, a admis Janusz Wojciechowski, le commissaire à l’Agriculture. Concernant les engrais, il a encouragé les États membres à utiliser leurs plans stratégiques de la politique agricole commune (PAC) pour réduire la dépendance aux intrants chimiques.

Plusieurs pays de l’UE ont également demandé des dérogations temporaires (suspensions) sur les taxes à l’importation sur les engrais, pour s’assurer d’un approvisionnement suffisant. « Le commissaire va examiner ce sujet », a indiqué le ministre Denormandie.

La Commission a évoqué aussi la hausse des prix des aliments. Les prix mondiaux des denrées alimentaires ont atteint en mars leurs « plus hauts niveaux jamais enregistrés » à cause de la guerre en Ukraine, a d'ailleurs annoncé vendredi l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).

Autres demandes. Julien Denormandie a indiqué que, s’agissant des dérogations pour l’utilisation des jachères, la Commission évaluera la situation pour 2023 (pour éventuellement reconduire d’une année supplémentaire les dérogations). La production de tournesol de l'UE va augmenter, en partie grâce à l'utilisation de terres mises en jachère, a indiqué la Commission.

La Commission étudiera aussi la demande de plusieurs pays d’utiliser des fonds du second pilier (développement rural) pour soutenir les agriculteurs (EUROPE 12928/3).

Plusieurs pays ont mentionné des difficultés dans certains secteurs : pommes (Pologne), fruits et légumes (Grèce, Espagne, Belgique), lait (Slovénie), viande porcine (Pologne notamment) et sucre (Bulgarie).

La question de la « résilience des systèmes alimentaires » a aussi été discutée. Il y a un consensus sur le besoin de concilier production (agricole) et protection (transition environnementale), a résumé M. Denormandie. (Lionel Changeur)

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