À l’occasion de la Journée internationale des Roms, célébrée vendredi 8 avril, la Secrétaire générale et la Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l'Europe ont publié chacune une déclaration où elles alertent sur les difficultés rencontrées par les Roms d’Ukraine depuis l’agression armée lancée par la Russie le 24 février.
« Pour certains d’entre eux, les barrières linguistiques et l’absence de documents officiels rendent la fuite encore plus difficile », signale la Secrétaire générale, Marija Pejčinović Burić, qui demande aux pays européens de leur apporter « aide et sécurité » au nom des droits humains.
« Les Roms qui restent en Ukraine ont, eux aussi, besoin de soutien », précise-t-elle en s’appuyant sur les contacts que le Conseil de l’Europe a pu maintenir avec des ONG roms qui agissent encore sur place.
Dunja Mijatović, Commissaire aux droits de l’homme, insiste quant à elle sur les discriminations et préjugés qu’affrontent les Roms et les gens du voyage fuyant l’Ukraine : « Durant les missions de suivi effectuées en mars dans les pays voisins de l’Ukraine, nous avons reçu des informations selon lesquelles des familles roms – composées presque exclusivement de femmes et d’enfants – auraient fait l’objet de discrimination dans la fourniture d’aide humanitaire ou de transport. Dans certains cas, des Roms auraient été expulsés de lieux de transit, comme des gares routières ou ferroviaires ou des foyers d’hébergement. En outre, la disponibilité d'hébergements adéquats pour certaines familles roms suscite de vives inquiétudes ».
Elle demande à tous les États membres du Conseil de l'Europe de redoubler d’efforts face aux difficultés rencontrées par les Roms qui fuient la guerre, en Ukraine et hors du pays. (Véronique Leblanc)