Présenté ce vendredi 8 avril à Rome dans le cadre de la Conférence sur la nouvelle stratégie du Conseil de l’Europe sur les droits des enfants, le dernier rapport du comité chargé du suivi de la Convention sur la protection des enfants contre l’exploitation et les abus sexuels (Convention de Lanzarote) alerte sur l’augmentation des images et vidéos à caractère sexuel autogénérées par les enfants sur Internet.
Déjà perçue comme alarmante en 2017, cette hausse s'est confirmée avec les confinements imposés par la pandémie de Covid-19 et est chiffrée à 77% pour la période 2019-2020, selon les chiffres de l'« Internet Watch Foundation », ce qui confirme l’importance du rapport, fut-il souligné.
Pour y faire face, le Comité de Lanzarote préconise des changements législatifs incluant la création d’une infraction spécifique couvrant l’extorsion sexuelle sur les enfants, les filles de 11 à 13 ans étant les plus concernées, selon le rapport, qui contient le témoignage de 200 enfants issus de 10 pays européens parmi les 43 analysés. Cela implique la mise à disposition de ressources suffisantes et de technologies de pointe pour les enquêteurs ainsi que la coopération entre États parties à la Convention dans le cadre d’enquêtes internationales.
Autre axe essentiel : la mise en œuvre de manière prioritaire de mesures éducatives à destination des enfants pour les aider à comprendre et éviter les risques liés à ces images et vidéos à caractère sexuel.
« Une seule conversation sérieuse d’un enfant avec un parent, un enseignant ou une enseignante peut faire la différence », a souligné Susie Hargreaves, directrice générale de l'« Internet Watch Foundation », lors de la Conférence, en évoquant des campagnes de sensibilisation menées au Royaume-Uni. (Véronique Leblanc)