Le président américain, Joe Biden, participera, jeudi 24 mars à Bruxelles, à une session de 1h30 du Conseil européen au cours de laquelle il discutera avec ses homologues européens de la guerre en Ukraine provoquée par la Russie et de la réponse coordonnée qu'y apportent les Occidentaux.
Selon un haut fonctionnaire européen, l’objectif sera de réaffirmer l’unité concernant l’invasion russe, ajoutant que la coopération avec les États-Unis était « excellente ». La présence de M. Biden est une « célébration du fait que nous avons plus ou moins avancé main dans la main », a ajouté un diplomate européen.
Les discussions devraient porter sur l'évolution de la guerre après un mois de combats, le soutien à l’Ukraine et la dimension internationale, pour mettre encore davantage la pression sur la Russie.
Selon son conseiller à la sécurité Jake Sullivan, le président américain vient en Europe pour appeler à l’adoption de mesures supplémentaires. M. Biden se joindra à ses alliés « pour imposer de nouvelles sanctions à la Russie et renforcer les sanctions existantes » afin d'éviter le contournement des mesures par Moscou, a expliqué M. Sullivan.
Mais plusieurs sources européennes ont rappelé l’importance des sanctions déjà adoptées par l’UE et de l’effort européen que ces sanctions impliquent – du fait des liens commerciaux, notamment énergétiques, plus importants entre les Européens et la Russie.
Le débat pourrait notamment porter sur un embargo sur l’énergie russe, imposé par Washington, mais qui divise les États membres et qui, selon une source européenne, n’est pas sur la table.
Il n’y aura pas de « grande annonce », a soufflé un diplomate. Plusieurs sources européennes ont insisté sur le fait qu’il fallait avant tout s’assurer que les sanctions déjà adoptées soient bien appliquées et lutter contre les failles, notamment via des États tiers qui permettent à la Russie de contourner les sanctions.
Les dirigeants européens devraient évaluer l’opportunité d’adopter de nouvelles sanctions. Selon un diplomate européen, il s’agira d’« un exercice d'inventaire pour comprendre où pourraient se situer les nouvelles actions ».
« Il n’est pas à l’ordre du jour aujourd’hui de prendre de nouvelles sanctions, mais il est nécessaire de se préparer à tous les scénarios, y compris à ceux d’une escalade de la crise qui nous amène, en effet, à prendre de nouvelles sanctions », a ajouté une source française de l’Élysée. Selon elle, il faut vérifier que les nouvelles mesures aient un impact encore plus grand sur la Russie, qu’elles affaiblissent la Russie plutôt que les pays de l’Union européenne ou leur économie.
À une semaine d’un sommet avec le président Xi, les Vingt-sept reviendront sur la position de la Chine, qui s’est abstenue à l'ONU sur deux votes condamnant l’invasion russe en Ukraine. Les États-Unis ont prévenu qu’ils pourraient prendre des mesures contre Pékin, si les Chinois fournissent des équipements militaires à Moscou.
D'après M. Sullivan, M. Biden devrait aussi annoncer « une action commune pour renforcer la sécurité énergétique de l'Europe » et dévoiler « des contributions supplémentaires américaines » pour les actions humanitaires en Ukraine et pour l'accueil des réfugiés ukrainiens.
Une fois la discussion avec M. Biden terminée, les dirigeants européens s’entretiendront avec le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, par visioconférence et poursuivront entre eux la discussion sur la situation en Ukraine. Ils devraient notamment se mettre d’accord sur la création d’un fonds fiduciaire pour aider l’Ukraine à faire face à ses besoins budgétaires immédiats et, à la fin de la guerre, à l'effort de reconstruction (EUROPE 12916/1).
Au-delà de l’invasion russe de l'Ukraine, les chefs d’État ou de gouvernement devraient rapidement se pencher, jeudi soir, sur la situation en Bosnie-Herzégovine.
Vendredi matin, les dirigeants discuteront des questions de sécurité et de défense. Ils devraient notamment reprendre à leur compte la Boussole stratégique adoptée lundi par les ministres des Affaires étrangères et de la Défense européens (EUROPE 12915/10). (Camille-Cerise Gessant avec la rédaction)