Les ministres européens des Affaires étrangères et de la Défense ont adopté, lundi 21 mars, lors d’une réunion commune, la 'Boussole stratégique pour la sécurité et la défense, pour une UE qui protège ses citoyens, ses valeurs et ses intérêts et contribue à la paix et à la sécurité internationales'.
« Il s'agit d'un tournant pour l'UE en tant que fournisseur de sécurité et d'une étape très importante pour la politique européenne de défense et de sécurité », s'est réjoui le Haut Représentant de l'UE, Josep Borrell, après l'adoption.
Si le texte fait largement référence à la guerre en Ukraine et aux conséquences pour l'UE, « cette Boussole stratégique présente un plan ambitieux, mais réalisable pour renforcer notre politique de sécurité et de défense d'ici à 2030 », précise le document, qui porte sur quatre champs d’action : la gestion de crise, la résilience, le développement des capacités et les partenariats.
La Boussole met notamment en avant la création d’une capacité de déploiement rapide de l’UE de 5 000 hommes « dans des environnements non permissifs, pour différents types de crises » d’ici 2025, le renforcement des missions et opérations civiles et militaires de PSDC avec des mandats plus robustes et plus souples - avec la possibilité de déployer 200 experts de mission PSDC entièrement équipés en maximum 30 jours -, le renforcement des structures de commandement et de contrôle et celui de la mobilité militaire.
De plus, les États membres s’engagent notamment à renforcer leurs capacités de renseignement, à créer une boîte à outils hybride de l'UE pour détecter et répondre à un large éventail de menaces hybrides, y compris la désinformation, à poursuivre le développement de la politique de cyberdéfense de l'UE et à renforcer les actions dans les domaines maritime, aérien et spatial.
Selon M. Borrell, si les États membres dépensent chaque année 200 milliards d'euros en défense, soit 1,5% du PIB, il faut « dépenser plus et mieux, éviter les duplications et les lacunes ». Selon le texte, les États membres promettent ainsi de dépenser plus et mieux dans la défense et d’améliorer le développement et la planification des capacités. Ils s'engagent notamment à échanger sur leurs objectifs nationaux concernant l'augmentation et l'amélioration des dépenses de défense d'ici mi 2022 « afin de répondre (aux) besoins en matière de sécurité, d'optimiser les résultats, d'accroître l'interopérabilité et de tirer pleinement parti des économies d'échelle ».
Ils comptent travailler sur les capacités de nouvelle génération, telles que les plateformes navales haut de gamme, les futurs systèmes aériens de combat, les capacités spatiales et les chars de combat principaux, et utiliser pleinement la coopération structurée permanente et le Fonds européen de défense.
Enfin, l’UE compte renforcer la coopération avec ses partenaires.
Les chefs d’État ou de gouvernement reprendront la 'Boussole stratégique' à leur compte, jeudi 24 mars, lors de leur Conseil européen.
Voir la Boussole : https://aeur.eu/f/ve (Camille-Cerise Gessant)