Les ministres de l’Intérieur des États membres de l’UE ont été invités par la Présidence française du Conseil de l’UE, vendredi 25 février, à se réunir dimanche 27 à Bruxelles pour évaluer le volet humanitaire et migratoire de la guerre en Ukraine, qui pourrait déplacer des milliers de personnes dans le pays et vers l’UE.
« À la suite du Conseil européen cette nuit, une session extraordinaire du Conseil des ministres de l’Intérieur des Vingt-sept se tiendra ce week-end pour évoquer les réponses concrètes à apporter à la situation en Ukraine », a ainsi commenté sur Twitter le ministre français de l’Intérieur, Gérald Darmanin.
Cette réunion associera aussi des pays membres de Schengen non membres de l'UE. Jeudi soir, les dirigeants européens ont demandé à la Commission de préparer des plans d’urgence pour accueillir les réfugiés ukrainiens (EUROPE 12898/8).
La Belgique a notamment demandé que des schémas de relocalisation de réfugiés soient préparés. Interrogée sur cette réunion, la Commission s’est à nouveau dite prête, vendredi, à apporter tout le soutien nécessaire en ce sens aux États membres concernés, la Pologne en premier lieu.
La Commission a aussi rappelé que cet accueil de réfugiés depuis l’Ukraine devait « respecter pleinement » les droits fondamentaux des migrants alors que le Haut Commissariat aux Réfugiés des Nations Unies a encore émis cette semaine des mises en garde quant aux violations aux frontières extérieures de l’UE.
Environ 120 000 Ukrainiens ont été déplacés à l'intérieur du pays le 24 février et des milliers sont déjà arrivés aux frontières de la Pologne, mais aussi de la Roumanie, de la Hongrie et de la Slovaquie.
La Pologne a dit s’attendre à ce qu'environ 1 million d'Ukrainiens arrivent à sa frontière, selon l’agence Reuters.
La guerre en Ukraine et ses répercussions migratoires et humanitaires devraient aussi être discutées le 3 mars par les ministres de l’Intérieur réunis à Bruxelles en Conseil formel.
Le Parlement européen, de son côté, va organiser une audition sur le sujet cette semaine, lors de la plénière exceptionnelle, certains groupes souhaitant, entre autres, soulever la question du recours à la directive sur la protection temporaire en cas d’afflux massifs (jamais utilisée dans l’UE). La commission des Libertés civiles du PE cherche aussi à organiser un débat sur le sujet avec la commissaire Ylva Johansson. (Solenn Paulic)