login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 12899
Invasion Russe de l'Ukraine / Économie

Les ministres des Finances évaluent l’opportunité d’exclure la Russie du système bancaire international Swift

« Swift, c’est l’arme nucléaire financière. Toutes les options sont sur la table, et quand on a une arme nucléaire financière sous la main, on fait attention », a averti Bruno Le Maire, ministre français de l’Économie et des Finances, en marge de la réunion informelle des ministres européens des Finances, à Paris, vendredi 25 février. 

À la suite du deuxième paquet de sanctions adoptées jeudi 24 février par les chefs d’État ou de gouvernement de l’UE en réponse à l’invasion de l’Ukraine par la Russie (EUROPE 12898/1), l’agenda de la réunion ministérielle informelle a été modifié pour se consacrer aux sanctions économiques et financières contre la Russie ainsi qu’à leur répercussion sur l’économie européenne. Les ministres ont ainsi discuté plus en détail de la mise en œuvre concrète des sanctions adoptées dans la nuit.

Gintarė Skaistė, la ministre lituanienne, a affirmé dès son arrivée qu’il était « très important d'arrêter tous les flux d'argent des institutions financières internationales et des banques de développement vers la Russie et la Biélorussie ».

Une étude d'impact avant la décision finale

« Nous voulons affaiblir le cœur du système politique et économique » russe, a renchéri fermement M. Le Maire. L’idée est de « frapper les intérêts russes tant que ce sera nécessaire », en bloquant l’accès de personnalités à leurs biens et avoirs détenus dans l’UE et en asséchant les financements de la Russie, de son économie et de sa dette.

« Les sanctions s'articulent autour de cinq domaines, à commencer par le secteur financier. Et en fait, les sanctions qui ont déjà été mises en œuvre contre la Russie couvrent 70% du marché bancaire russe, mais aussi des entreprises publiques clés, y compris dans le domaine de la défense », a souligné Valdis Dombrovskis, vice-président exécutif de la Commission européenne. 

L’une des mesures envisagées les plus contraignantes est l’exclusion du système Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication (Swift) de transferts d'informations financières le plus utilisé au monde. Cela priverait la Russie de financements étrangers et couperait également l’accès des oligarques russes à leurs avoirs à l’étranger.

L’exclusion de la Russie du système Swift continue de susciter des réserves chez quelques États membres. Le ministre allemand, Christian Lindner, notamment, n'a pas dit, contrairement à M. Le Maire, que son pays était clairement favorable à une telle mesure.

« De nombreux pays, dont l'Italie, s'inquiètent de la possibilité de continuer à payer le gaz naturel russe. Si une sanction devait interrompre le paiement des flux de gaz, un pays comme l'Italie, qui utilise le gaz russe pour 43% de ses besoins en gaz, soit 15 à 16% de ses besoins énergétiques globaux, aurait clairement un problème si ces approvisionnements étaient immédiatement interrompus », a déclaré Daniele Franco, le ministre italien.

Étant donné les risques potentiels de cette mesure sur les économies européennes qui commercent le plus avec la Russie, les ministres ont estimé qu’il était plus prudent d’évaluer d’abord les impacts de cette mesure. La Commission s’est donc engagée à étudier la question et à fournir une évaluation « dans les heures » à venir, selon M. Le Maire. Si cette mesure est adoptée, elle serait incluse dans un troisième paquet de sanctions européennes.

En solidarité avec l’Ukraine, l’UE a à cœur d’appliquer rapidement les sanctions à l’encontre de Vladimir Poutine. (Anne Damiani)

Sommaire

REPÈRES
Invasion Russe de l'Ukraine
SÉCURITÉ - DÉFENSE
ACTION EXTÉRIEURE
POLITIQUES SECTORIELLES
ÉCONOMIE
INSTITUTIONNEL
SOCIAL
BRÈVES