Les chefs d'État et de gouvernement des pays membres de l’Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN), ainsi que ceux de la Finlande et de la Suède, se sont réunis virtuellement, vendredi 25 février, pour examiner la situation en Ukraine. Les membres de l'OTAN ont, dans le même temps, validé officieusement la fin de l'acte fondateur OTAN-Russie.
Cette réunion de l'OTAN est intervenue quelques heures après que les dirigeants des États membres de l'UE ont adopté, tard dans la nuit du 24 au 25 février, un second paquet de sanctions sans précédent à l'égard de la Russie (EUROPE 12898/1).
« Nous nous sommes réunis aujourd’hui pour faire le point sur ce qui constitue la plus grave menace pour la sécurité euroatlantique depuis des décennies », a entamé le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, dans la foulée de la réunion.
« La Russie porte l'entière responsabilité de ce conflit. La décision du président Poutine d'attaquer l’Ukraine est une très grave erreur stratégique, dont la Russie paiera le prix fort, économiquement comme politiquement, pendant des années », a-t-il ajouté.
Le secrétaire général de l’OTAN a également appelé la Russie, comme l’ont fait un certain nombre de chefs d’État et de gouvernement depuis le début de l’invasion russe en Ukraine, à mettre fin « immédiatement à son offensive militaire » et à « retirer toutes ses forces de l’Ukraine ».
Concrètement, la déclaration conjointe des États membres de l’OTAN valide en outre officieusement - de fait - la fin de l’acte fondateur OTAN-Russie, qui prévoyait, depuis 1997, une coopération dans divers domaines allant du maintien de la paix à la maîtrise de l’armement, en passant par la lutte contre le terrorisme.
« La déclaration des dirigeants de l’OTAN indique aujourd’hui que la Russie a renoncé à cet acte fondateur qui contenait des principes essentiels, en violant par deux fois depuis 2014 l’intégrité d’un État. C’est la Russie elle-même qui a renié les engagements qu’elle a pris dans ce cadre. La Russie ne respecte pas l’acte fondateur, et quand l’une des parties ne respecte pas un accord, celui-ci ne fonctionne plus », a résumé M. Stoltenberg.
Déploiement sur la partie orientale du territoire de l'Alliance
Rappelant à plusieurs reprises la solidarité des pays membres de l’OTAN envers l’Ukraine, leur soutien et l’unité sans faille que les États membres ont affichés au cours des discussions, M. Stoltenberg est également revenu sur les différentes mesures prises par les alliés de l’OTAN.
« Nous procédons maintenant à d’importants déploiements défensifs supplémentaires de forces dans la partie orientale et nous procéderons à tous les déploiements nécessaires pour assurer, dans l’immédiat et à l’avenir, une dissuasion et une défense fortes et crédibles dans l’ensemble de l’Alliance », a-t-il expliqué.
L’activation du plan de défense de l’OTAN, décidée jeudi 24 février, prévoit le renforcement des forces déployées dans la partie ‘orientale’ de l’Alliance. « Une centaine d’avions de chasse sont également en état d’alerte et 120 navires sont prêts, du Grand Nord à la mer Méditerranée », a détaillé Jens Stoltenberg.
Ces mesures, a néanmoins rappelé le secrétaire général de l’OTAN, demeurent « préventives ». « On se déploie non pas pour provoquer le conflit, mais pour prévenir ».
Toutefois, s’il ne s’agit pas de la vocation première de ces mesures, le secrétaire général a fermement assuré qu’une escalade était une option qui ne pouvait être totalement écartée. « On doit être prêt à aller plus loin, même si on doit en payer le prix, car la durée va être longue », a-t-il jugé.
Le secrétaire général de l’OTAN est également revenu à plusieurs reprises, au cours de son allocution, sur le fait qu’une agression russe contre l’un des États membres aurait de lourdes répercussions. « Une attaque contre un allié, c’est une attaque contre tous », a martelé le norvégien.
Ce 'un pour tous, tous pour un' ne se limite d'ailleurs pas aux conflits sur le terrain. « Les cyberattaques peuvent déclencher l’article 5 (sur le principe de ‘défense collective’, NDLR), mais nous ne donnerions jamais l’avantage à un adversaire de savoir à quel moment ce déclenchement arriverait », a expliqué M. Stoltenberg. Sur ce sujet, l’OTAN a par ailleurs affirmé son soutien à l’Ukraine en matière de cybersécurité.
« Le peuple russe doit le savoir : la guerre du Kremlin contre l’Ukraine ne va pas donner plus de sécurité à la Russie, la rendre plus respectée ou la mener à un meilleur avenir », a conclu le secrétaire général de l'organisation. (Thomas Mangin)