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Bulletin Quotidien Europe N° 12891
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PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Afrique

Les eurodéputés prônent un véritable partenariat entre l'Europe et l'Afrique comme contrepoids bénéfique à la concurrence chinoise

L'opportunité et la nécessité de forger un nouveau partenariat d'égal à égal entre l'UE et l'Afrique, profitable aux deux parties, avec des projets concrets, ont été largement partagées à l'occasion d'un nouveau débat, mardi 15 février, sur les relations entre l'Europe et l'Afrique, en amont du sommet UE/UA des 17 et 18 février.

Ce sommet est « une occasion unique de replacer l'Europe au centre de l'attention des partenaires africains, dans un contexte sans précédent que constituent le défi de la Covid-19 et un paysage géopolitique de plus en plus compétitif », a souligné le Haut Représentant de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, insistant sur les potentialités d'un continent jeune appelé à « devenir une puissance mondiale ».

Le président de la Commission de l'UA, Moussa Faki, « a indiqué que nous pouvons aboutir à des projets concrets et transformateurs. Nous souhaitons renforcer notre coopération et définir des priorités clés », a-t-il déclaré, précisant que l'UE va élargir son approche 'Team Europe' « pour être plus proches de nos partenaires et montrer que nous sommes le partenaire le plus fiable ».

La déclaration commune UE/UA sera tournée vers l'avenir, avec des initiatives conjointes et une vision pour 2030. Le Haut Représentant a cité six axes de travail à concrétiser en projets : - l'initiative Global Gateway pour les défis mondiaux du climat et de la crise sanitaire ; - le renforcement des systèmes de santé ; - les systèmes d'éducation ; - de nouveaux instruments de sécurité et de stabilité pour faire face à la spirale des crises dans la Corne de l'Afrique, au Sahel et au Mozambique ; - améliorer les partenariats en matière de migration et de mobilité ; - une initiative UE/UA pour un projet ambitieux pour notre planète.

Les groupes PPE, S&D et Renew Europe ont déjà formulé leur position, que la présidente du Parlement, Roberta Metsola, délivrera au sommet (EUROPE 12889/7).

Tomas Tobé (PPE, suédois) a surtout insisté sur l'importance d'investissements en Afrique pour créer de l'emploi.

Maria Arena (S&D, belge) a estimé qu'il faudra « comprendre les blessures du passé », convaincre les populations africaines, lutter contre les inégalités, promouvoir des investissements soutenables en garantissant un devoir de diligence des entreprises opérant en Afrique.

« L'Europe n'est plus le principal interlocuteur de l'Afrique », d'où la nécessité d'une flexibilité, d'une rapidité et d'une efficacité des instruments financiers pour la soutenir, a estimé Chrysoula Zacharopoulou (Renew Europe, française). Selon elle, « c'est à l'Afrique de choisir, et la prédation , le néocolonialisme ne sont pas dans nos méthodes ». 

Pour Pierrette Herzberger-Fofana (Verts/ALE, allemande), il convient de revoir la base des relations avec l'Afrique dans le cadre d'accords justes et équitables, de soutenir le développement durable, de lutter contre le changement climatique et d'atteindre les objectifs onusiens du développement durable.

Idoia Villanueva Ruiz (La Gauche, espagnole) est sur la même ligne. Elle a en outre mis en garde contre les investissements « qui finissent par aider les armées ».

Anna Fotyga (CRE, polonaise) a dit partager l'approche positive de M. Borrell. Elle a mis en avant la possibilité de s'approvisionner en gaz au Nigeria et a insisté sur l'importance de renforcer l'Union africaine. Assita Kanko (belge) du même groupe politique, en revanche, a critiqué la « diplomatie du chèque » de l'Europe en Afrique.

Nicolas Bay (ID, français) a fustigé le « cadeau de 150 milliards d'euros d'investissement » que l'UE s'apprête à faire à l'Afrique alors que les échanges avec l'Afrique sont stables, tandis que ceux de l'Afrique avec la Chine augmentent. « La lutte contre la corruption endémique » et une aide de l'UE conditionnée aux flux migratoires sont, selon lui, les priorités. 

Plusieurs députés ont accusé l'UE de faire le jeu des multinationales et de piller les ressources en Afrique, ce que M. Borrell a démenti.

Il a reconnu, en revanche, que la croissance économique, des relations commerciales équitables et la bonne gouvernance prônées par de nombreux députés sont essentielles. « C'est facile de construire une route, mais plus difficile de construire des institutions qui fonctionnent. Nous ne savons quel modèle de gouvernance va l'emporter en Afrique. Il y a bien d'autres acteurs qui n'hésitent pas à recourir à la désinformation », a-t-il affirmé. (Aminata Niang)

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