À une semaine du sixième sommet UE/UA des 17 et 18 février à Bruxelles, les grands groupes politiques au Parlement européen (PPE, S&D, Renew Europe), qui sont tous favorables à une gouvernance mondiale, ont confirmé, jeudi 10 février, qu'ils attendaient de ce sommet, un renforcement du partenariat stratégique entre l'Europe et l'Afrique, sur un pied d'égalité, pour que les deux continents relèvent ensemble « les défis mondiaux », avec les objectifs onusiens de développement durable comme boussole.
« La Chine et la Russie font progresser leurs intérêts géopolitiques en Afrique. C'est pourquoi l'UE doit renforcer sa coopération avec l'Union africaine et ses partenaires des sous-régions africaines et des différents pays africains, afin de garantir la sécurité et le développement et de parvenir à une paix et une stabilité à long terme », soulignent les présidents des commissions parlementaires impliquées, de la délégation du PE responsable des relations avec le parlement panafricain et de la délégation du PE à l'Assemblée parlementaire paritaire ACP/UE dans une déclaration politique détaillant leurs attentes.
L'idée est que la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, délivre ce message lors du sommet UE/UA (EUROPE 12885/10).
Selon ces eurodéputés, l'UE et l'UA doivent placer au cœur de leur programme de coopération une approche fondée sur les droits de l'homme dans les politiques relatives au commerce, aux migrations, à l'égalité des sexes, à la responsabilité des entreprises, à la sécurité et à la lutte contre le terrorisme et l'extrémisme.
En mars 2021, le Parlement européen avait déjà préconisé un partenariat renouvelé entre égaux, centré sur le développement humain, en particulier la santé et l'éducation (EUROPE 12686/16).
« Les relations commerciales et d'investissement entre l'UE et l'Afrique doivent assurer la transformation productive du continent africain, être mutuellement bénéfiques, ouvertes, équitables et durables, et contribuer à la création d'emplois et d'investissements privés soutenant une trajectoire de croissance verte », affirme la déclaration politique.
Ses signataires souhaitent que le sommet « ouvre la voie à une reprise économique durable et inclusive post-pandémie de Covid-19, en donnant la priorité à l'accélération de l'accès aux vaccins, à la lutte contre la pauvreté, en plaçant la jeunesse au cœur de celle-ci et en promouvant l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes, ainsi qu'à la mise en œuvre du programme de développement durable 2030 des Nations unies ».
Il appellent le partenariat UE-UA à prendre pleinement en compte les effets du changement climatique en Afrique et à intensifier les efforts pour respecter l'Accord de Paris sur le climat.
Mardi 15 février, les eurodéputés de tous les groupes politiques auront l'occasion de débattre de l'avenir des relations entre l'UE et l'Afrique avec le Haut Représentant de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, lors d'un échange prévu en session plénière du PE à Strasbourg (voir autre nouvelle dans ce bulletin).
À l'issue de la cinquième édition de la 'Semaine africaine' du groupe S&D (EUROPE 12885/10), les sociaux-démocrates au PE ont fait d'un partenariat d'égal à égal une attente majeure. « Un partenariat entre égaux, la démocratie, le respect des droits de l'homme et la diligence raisonnable risquent d'être des mots vides de sens, si l'Europe ne s'engage pas dans un véritable partenariat. L'UE doit mettre de côté son approche paresseuse selon laquelle la démocratie signifie le statu quo, la diligence raisonnable signifie les affaires courantes et le partenariat égalitaire signifie que certains partenaires sont plus égaux que d'autres », a prévenu ce groupe dans un communiqué, jeudi 10 février.
Dans un document de position adopté le même jour, le groupe PPE s'engage, pour sa part, à stimuler les investissements privés et à accélérer la création d'emplois sur le continent. « Nous devons construire un partenariat gagnant-gagnant qui renforce les liens commerciaux et économiques entre l'Afrique et l'Europe afin de créer des emplois pour la population africaine en croissance rapide et de permettre aux entreprises européennes d'accéder à de nouvelles opportunités d'investissement sur le continent africain », a déclaré le président de la commission parlementaire du développement, Tomas Tobé (PPE suédois).
« Nous nous sommes engagés à dialoguer avec nos partenaires africains à tous les niveaux. Il est important pour nous d'impliquer les sociétés civiles africaines dans leur ensemble, y compris les églises et les organisations confessionnelles, dans la préparation des décisions qui les concernent », a souligné le Hongrois György Hölvényi, coordinateur du groupe au sein de la commission du développement. (Aminata Niang)