Les conseillers politiques des dirigeants de l’Ukraine, de la Russie, de l’Allemagne et de la France, réunis en format 'Normandie', ont mené des discussions « difficiles » pendant plus de 9h30, jeudi 10 février, à Berlin.
Malgré les difficultés, les parties prévoient une nouvelle rencontre en mars après les prochaines réunions du groupe de contact trilatéral - réunissant la Russie, l’Ukraine et l’OSCE - en mars, a annoncé le gouvernement allemand vendredi 11 février.
« Les discussions ont été difficiles et ont permis de mettre clairement en évidence les différentes positions et les différentes options de solution », selon un communiqué du gouvernement allemand. Selon l’Élysée, la Russie a accepté de poursuivre les discussions en format 'Normandie' tout en estimant que l’Ukraine devait s'engager à négocier avec les séparatistes pro-russes, ce qui est une ligne rouge pour Kiev.
Le Kremlin a ainsi estimé que la réunion n’avait produit « aucun résultat ». Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a regretté l’« incapacité » des parties à lire les accords de Minsk « de la même manière ».
Le négociateur ukrainien, Andriï Iermak, a précisé que les parties n’avaient pas pu s’accorder sur un document commun, mais qu’elles allaient continuer à travailler, car « tout le monde a la volonté d'obtenir un résultat ».
Le gouvernement allemand a également expliqué qu’il était « apparu clairement que tous les participants du format Normandie s'en tiennent aux accords de Minsk » et qu’ils continueront à œuvrer pour leur pleine mise en œuvre. La partie ukrainienne a ajouté que les parties étaient convenues de la nécessité de débloquer les travaux du Groupe de contact trilatéral.
Vendredi en fin d’après-midi, les dirigeants américain, canadien, français, allemand, italien, polonais, roumain, britannique, de l’UE et de l’OTAN devaient s’entretenir par téléphone sur le renforcement militaire de la Russie autour de l'Ukraine alors que de nouveaux exercices sont menés à la frontière.
M. Lavrov dénonce la réponse européenne à sa lettre
Par ailleurs, le ministère russe des Affaires étrangères a dénoncé vendredi la réponse conjointe de l'OTAN et de l'UE à son message écrit appelant plusieurs États à clarifier leur définition du principe de ‘sécurité égale et indivisible’ (EUROPE 12882/13), la qualifiant d'« irrespectueuse » et la jugeant « dépourvue de substance ».
Sergueï Lavrov, le ministre russe de Affaires étrangères, avait demandé des réponses individuelles des États auxquels il avait envoyé sa lettre, et a reçu à la place des réponses du secrétaire général de l'OTAN et du Haut Représentant de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, auxquels il n'avait pas adressé sa demande. « Une telle démarche ne peut être considérée que comme un signe d'impolitesse diplomatique et de manque de respect pour notre demande », a estimé le ministère. (Camille-Cerise Gessant)