Le ministre des Affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, a demandé, dans un message écrit adressé aux ministres des Affaires étrangères, Secrétaires d'État et responsables des Affaires étrangères des États-Unis, du Canada et de plusieurs pays européens, de clarifier leur définition du principe de ‘sécurité égale et indivisible’, selon un document du ministère russe du 1er février.
Le 15 décembre 2021, la Russie a présenté à l’OTAN et aux États-Unis deux documents sur des garanties de sécurité. « Les réponses des États-Unis et de l'OTAN à nos propositions reçues le 26 janvier 2022 démontrent de sérieuses différences dans la compréhension du principe de sécurité égale et indivisible qui est fondamental pour l'ensemble de l'architecture de sécurité européenne », a expliqué M. Lavrov, estimant qu’il était donc « nécessaire de clarifier immédiatement cette question, car elle déterminera les perspectives de futur dialogue » (EUROPE 12878/1).
« L'essence même des accords sur la sécurité indivisible est que soit il y a une sécurité pour tous, soit il n'y a de sécurité pour personne », a prévenu le chef de la diplomatie russe, précisant que cela ne concernait pas uniquement les membres de l’OTAN, et sous-entendu également la Russie. Selon M. Lavrov, les Occidentaux omettent une partie de ce principe.
Se penchant sur la 'sécurité indivisible', il a estimé qu'il découle de la Charte de l’OSCE signée en 1999 à Istanbul et réaffirmée en 2010 à Astana, que les alliances militaires doivent abandonner leur fonction initiale de dissuasion et s'intégrer dans l'architecture paneuropéenne fondée sur des approches collectives, plutôt que sur des groupes étroits.
« Nous voulons recevoir une réponse claire à la question de savoir comment nos partenaires comprennent leur obligation de ne pas renforcer leur propre sécurité au détriment de la sécurité d'autres États sur la base de l'engagement envers le principe de la sécurité indivisible », a-t-il ajouté.
Le ministre a souhaité une réponse « claire » et « rapide » des pays destinataires de son courrier - à titre individuel - étant donné que les engagements pris l’ont été par chaque État « individuellement, et non au sein d'un quelconque bloc ou en son nom ».
Voir la lettre : https://aeur.eu/f/51
Voir la charte de l'OSCE de 1999 : https://aeur.eu/f/53
Les États-Unis prêts à faire de l'Ukraine une zone neutre
Selon des documents publiés le 2 février par El Pais et qui seraient les réponses des États-Unis et de l'OTAN aux propositions de la Russie, Washington serait notamment disposé à discuter d'un accord par lequel il s'engagerait à ne déployer ni missile ni force de combat en Ukraine si la Russie fait de même.
Par ailleurs, le ministre des Affaires étrangères ukrainien a expliqué le même jour que les forces russes à la frontière ukrainienne, si elles mettaient la pression sur son pays, étaient insuffisantes pour mener une attaque à grande échelle. (Camille-Cerise Gessant)